Home A la Une Évènements Mauritanie /Sénégal : 30 longues années pour les victimes

Évènements Mauritanie /Sénégal : 30 longues années pour les victimes

Il y a 30 ans, jour pour jour, le 9 avril 1989, un conflit naissait entre la Mauritanie et  le Sénégal. Un drame survenu suite à une altercation entre  agriculteurs sénégalais et éleveurs mauritaniens, à la frontière mauritano-sénégalaise. Un banal accrochage entre  peuls et soninkés qui embrasera les deux rives du fleuve Sénégal.

Les premières hostilités ont  débuté  dans la localité de Diawara, située dans le Sénégal oriental, à Bakel, à la frontière avec la Mauritanie et le Mali. Ces affrontements ont causé la mort  de deux Sénégalais, de nombreux blessés et une douzaine pris en otage par l’armée mauritanienne.   Que s’est-il passé entre le 9 avril et le 24 avril?

Les deux capitales s’embrasent.  A Dakar et à Saint Louis, les boutiques des maures sont pillées. A Nouakchott, Nouadhibou et autres villes mauritaniennes, la chasse au sénégalais est menée au grand jour.   Les assassinats et les exactions inimaginables sont commises en plein mois de ramadan, ce qui, soit dit en passant,  montre bien que la religion, à elle seule, ne suffit pas à instaurer la paix entre les peuples.

Selon les statistiques avancées par certaines ONG, le bilan est lourd et a fait état de centaines de personnes tuées, rapatriement de 160 000 Mauritaniens vivant au Sénégal et de 70 000 Sénégalais vivant en Mauritanie.

Mais ce qui s’apparentait à une fâcherie sanglante entre deux pays se transforme rapidement en une opération massive de déportation des mauritaniens.  L’année 1989 verra plusieurs villages mauritaniens vidés de leurs habitants.   Une année plus tard, en 1990, c’est la grande purge dans l’armée mauritanienne. Quelque 509 officiers noirs sont assassinés dans les casernes.

La période allant du mois d’août 1990 au mois de mars 1991 est certainement la plus sanglante jamais vécue par les populations de la vallée. C’est face à l’ampleur des exactions, aux pressions françaises et internationales, que le régime de Taya se dirige à marche forcées vers la démocratie et, plus tard, l’étrange loi d’amnistie de 1993 qui absout des crimes non reconnus par l’Etat.

Aujourd’hui, ces événements sont toujours là.  Les milliers de réfugiés mauritaniens rentrés ou restés au Sénégal cherchent à renouer avec un passé qui ne sera plus. Le pouvoir continue de distribuer des indemnités aux veuves et aux orphelins sans reconnaître les crimes commis …

Rappelons que suite à ces événements, la Mauritanie et le Sénégal ont rompu leurs  relations diplomatiques le 21 août 1989 avant de les rétablir en avril 1992.

 

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