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Kadiata Malick Diallo doit naître

Frantz Fanon a dit que «chaque  génération doit, dans une relative opacité, trouver sa mission, la remplir ou la trahir ». De la forêt de leaders politiques qui dirige la vie politique actuelle de la Mauritanie,  Kadiata Malick Diallo en est certainement le caïlcédrat royal.  Rompu aux joutes oratoires, KMD  dépasse ses collégues de loin, de par son rôle constant de député au service du peuple, de tous les peuples, des arabes comme des négro-africains.

Si l’Union des Forces de Progrès (UFP) existe encore, dans le combat historique pour l’égalité en Mauritanie, c’est certainement grâce à cette femme née  dans les faubourgs de M’bout et qui, depuis les années de lycée, dénonce les injustices.

Cette constance explique  pourquoi à l’heure où les partis dits négro-africains (si tant est ce que cette appellation limitative a un sens)  essayent de se grouper  pour, ensemble, présenter  une plateforme revendicative sur la question brûlante de la cohabitation nationale, le problème persistant  des langues nationales  et le scandale de l’esclavage et de ses séquelles, des voix et non des moindres appelle   KMD a (enfin) oser assumer son destin.

À quelques mois des présidentielles, celle sur qui  les espoirs devraient être  rapportés doit obligatoirement  et sans tarder  choisir entre la fidélité à Mohamed Maouloud et le rendez-vous avec le  peuple mauritanien.

Être fidèle à un leader politique, partisan du consensus mou ou, au contraire, reprendre l’étendard d’un peuple négro-africain à la dérive et le conduire vers la terre promise. KMD est, autant à le dire, dans un  dilemme:  rester la négro-africaine qui ne dérange  personne, confortablement assise derrière son leader en attendant une hypothétique reconnaissance ou bousculer les hiérarchies sociales qui veulent qu’un parti comme  l’UFP, le RFD ou l’UPR,d’obédience nationale,  ne doit être  dirigé (à moins d’une coincidence qui perdure)  que par des maures, les négro-africains servant de supplétifs.

KMD a la responsabilité historique de  rompre avec ce carcan.

L’amazone doit embrasser son destin national en allant à la rencontre des vrais progressistes, arabes, berbères, nègros, métis harratines, bambara ou encore poulaar. Oui, il est temps de rompre avec le mauritano-nassérisme lequel est bien différent du nassérisme de Gamal Abdel Nasser.

Si KMD accepte d’assumer son destin, son premier geste sera de redonner vie à  l’aile progressiste de l’UFP pour la fusionner  avec un Biram Ould Abeid dans une plateforme dite de la Mauritanie nouvelle qui comprendrait  en son sein les phares de la liberté que sont Fatimata Mint Mokhtar et Me Fatimata Mbaye.

Parmi ces personnalités, citons deux hommes qui se sont dressés contre l’arbitraire durant les années de braise. Il s’agit de Ibrahima Sarr Mokhtar, AJD/MR et de  Samba Thiam, leader des Forces progressistes pour le changement (FPC).

Ces deux leaders sincères  et constants  dans leur vision d’une Mauritanie nouvelle se sont certainement rendus compte de la nécessité de faire parti d’une grande plateforme regroupant tous les mauritaniens pour un nouveau départ.

Il est clair que  la tâche de KMD ne sera pas facile car elle traîne deux handicaps: être femme et être noir.  L’histoire nous enseigne qu’aucune montagne n’est insurmontable.    KMD doit, si elle veut faire partie de ces grandes personnalités dont on se rappellera encore longtemps, briser ses chaînes, vaincre le fatalisme, et toiser son destin de leader.  Nous ne voudrions pas être à sa place.

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