Home A la Une “Ghazouani président”, écrivait Lesmauritanies en juin 2018…

“Ghazouani président”, écrivait Lesmauritanies en juin 2018…

Le flair des trois pelés et quatre tondus qui composent la rédaction de Lesmauritanies  était le bon.   “Ghazouani Président”, titrait-on en juin 2018. 

Par Dia El Hadj Ibrahima. 

 

Général de division, Mohamed Ould Ghazouani a eu le mérite d’avoir transformé et modernisé l’institution militaire, devenue une référence au niveau de la sous région et auprès des partenaires internationaux. Cet officier de l’Est Mauritanien, issu d’une  famille maraboutique,  est un homme de principes, connu par par sa discrétion, son ouverture d’esprit et sa fidélité. Ghazouani possède l’allure et les qualités d’un chef d’Etat. A quelques mois de sa retraite, l’homme fort des forces armées est pressenti comme le seul qui pourra continuer les grandes œuvres de son fidèle compagnon Mohamed Ould Abdel Aziz.

Indiscutablement, l’observateur politique avisé en Mauritanie a du mal aujourd’hui à pronostiquer une équation crédible pour les échéances présidentielles de 2019. Pour la simple raison que tous les indicateurs de calculs de cette équation sont faussés tant sur le plan national qu’international. Sur le plan national, vous avez une majorité présidentielle divisée en mille morceaux et qui va en ordre dispersé sur un champ de bataille mené par le Général Aziz dont la chaise oscillante est placée en déséquilibre sur deux principaux soutiens, en l’occurrence le Général Ghazouani, actuel chef d’Etat major de l’armée et le colonel à la retraite, Cheikh Ould Baya ,actuel maire de Zouérate. Ces deux ténors et ennemis jurés de la grande muette se partagent aussi bien les allégeances que les adversaires tant sur le plan civil que militaire en Mauritanie.

 

Quant à l’opposition,  principalement le FNDU, le temps s’en est occupé ; tant sur le plan de la limite d’âge de ses dirigeants que sur le ras-le bol de ses militants traditionnels et historiques. S’agissant des partis politiques indépendants et flottants, malgré tout, ils cherchent à émerger au sein de cette nébuleuse d’incertitudes qui a longtemps laissé le citoyen Lambda béat. Sur le plan international, le Président Aziz s’est fait de gros ennemis durant ses deux mandats. Au premier rang, Mohamed Ould Bouamatou, ce redoutable homme d’affaire Mauritanien exilé au Maroc depuis quelques années et qui cherche par n’importe quel moyen de déstabiliser directement ou indirectement le régime dirigé par son cousin qu’il a fortement soutenu lors de son arrivée au pouvoir suite à un coup d’Etat contre le pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallah, élu démocratiquement.

Au deuxième rang, on peut aussi compter parmi les ennemis, un certain Moustapha Limam Chavi, trader et homme d’influence ayant de très grandes capacités de nuisance. Il est accusé par le régime de Aziz de financer de groupes terroristes,  d’où le lancement d’un mandat d’arrêt international par les autorités Mauritaniennes. On peut aussi citer parmi les ennemis, certaines grandes associations internationales de droit de l’Homme, des parlementaires et sénateurs étrangers, qui bloquent les intérêts du régime Mauritanien et le classent parmi les pays esclavagistes. On peut aussi imaginer beaucoup d’autres ennemis invisibles qui peuvent aussi créer des surprises à tout moment.

C’est dire que même si le Président Mohamed Ould Abdel Aziz ne songe pas à se présenter pour un troisième mandat, il a intérêt de tisser de très bonnes alliances avec certaines figures afin qu’il reste indestructible après son départ, auprès de ses adversaires visibles et invisibles, proches et lointains.

Tous ces indicateurs mis en commun nous confirment que l’aspect sécuritaire synonyme d’implication militaire dans la gestion des pouvoir dans les pays du tiers monde et particulièrement en Mauritanie, prend le dessus face à la démocratie et aux sacro-saints principes des droits de l’Hommes.

Le Sahel en est un casse-tête pour la communauté internationale. C’est pourquoi 2019 sera plus une année de recherche de renforcement de la sécurité dans la zone sahélo-saharienne qu’une année de promotion de la démocratie. Ce qui donnera beaucoup plus de chance et d’avantages aux généraux, probables alliés du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, qu’aux civils en perte de vitesse en Mauritanie.

 

 

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