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Opposition mauritanienne : les trois options possibles

Après avoir entériné leur unité de façade  et promis de faire cause commune lors des prochaines présidentielles, l’opposition mauritanienne doit maintenant faire son choix. Des 11 partis membres de cette union électorale, trois leaders sortent du lot. Il y a tout d’abord, à tout seigneur tout honneur, Mohamed Ould Maouloud.

Le leader de l’UFP est un homme de consensus qui cherche en toute chose la moyenne mesure. A défaut de la popularité flagrante, il jouit de la présomption de sagesse. Homme de la troisième voie, Bayrou des tropiques, avec une réputation établie de gauchiste invétéré, Ould Maouloud compterait un soutien dans tous les partis, y compris auprès de l’UPR, parti au pouvoir, qui constitue avec l’UFP, RFD, Hatem et feu El Wiam, les formations des classes dominantes.

Adulé par une fidèle base négro-africaine qui a toujours fait sa force, le Mao version désert compte de solides soutiens chez les nasseristes qu’il a accueilli à bras ouverts, repositionnant l’UFP plus à droite sur les questions de cohabitation nationale et sur la laïcité, cause d’une brouille profonde au sein du parti.
Tout comme Maouloud, Jamil Ould Mansour cultive le consensus et la fraternité. Le point fort de l’islamiste modéré est d’avoir su créer une alternance démocratique (une première en Mauritanie) au sein de son parti. Jamil a frappé les esprits en plusieurs occasions. L’homme, adepte du « leading from behind», a quitté la présidence de son parti, une première, en organisant un congrès transparent qui a abouti à une alternance exemplaire.

Jamil Mansour est certainement exemplaire en matière de gestion. N’eut été son estampille «erdoganiste», plus d’un progressiste lui donnerait le Capital de Karl Marx sans confession.

Aux antipodes de ces deux opposants, aux origines conformes à la Mauritanie politiquement correcte, Birame Dah Ould Abeid est l’homme de la rupture. Sa candidature anti-esclavagiste bénéficiera du soutien des communautés exclues et des militants de droits de l’homme. Il est clair qu’il sera difficilement acceptable aux yeux d’une classe politique mauritanienne fondée sur le déterminisme social et les droits de la noblesse, de laisser un Birame passer. Autant le dire, la coalition des 11 semble déjà au bord de la crise. Osera-t-il choisir l’opposant le plus célèbre en dehors de nos frontières ?

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