Home Politique Human Right Watch interpelle la Mauritanie

Human Right Watch interpelle la Mauritanie

L’ONG Américaine de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch a consacré un long chapitre à la Mauritanie dans son rapport sur la situation des droits de l’homme dans le monde. Le document publié jeudi 17 janvier estime certes que des progrès ont été enregistrés mais interpelle le gouvernement mauritanien sur plusieurs points.

Ainsi, la grande marche organisée récemment par le pouvoir contre la haine et la discrimination n’a pas atténué les critiques de cette ONG américaine plutôt proche des républicains. «Les autorités Mauritaniennes ont restreint la liberté d’expression et de réunion, particulièrement lorsque des activistes indépendants protestaient contre le racisme et la discrimination ethnique, la persistance de l’esclavage et d’autres sujets sensibles», souligne le rapport.
L’ONG illustre son rapport par des cas sensibles comme le calvaire du blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir, lequel est détenu pour sa sécurité alors qu’il a déjà purgé sa peine pour blasphème. Autre cas évoqué, celui du Sénateur d’opposition Mohamed Ould Ghadda qui a passé la plus grande partie de l’année 2018 en détention préventive « sur la base de vagues accusations de corruption. »
e rapport souligne que le 7 août, les autorités ont arrêté Biram Dah Abeid, le Président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une association qui lutte contre l’esclavage. Cet activiste, qui alors qu’il était en prison a remporté un siège à l’Assemblée Nationale lors des élections de 2018, demeurait en détention provisoire au moment de la rédaction de ce rapport, « inculpé pour avoir soi-disant insulté et menacé un journaliste. »

Autre activiste dont le rapport fait état de son arrestation, il s’agit de Abdallahi Yali qui est lui aussi emprisonné depuis janvier 2017. Il fait l’objet d’un procès qui s’est ouvert le 29 octobre 2018 pour incitation à la violence et à la haine raciale, en vertu du code pénal, de la loi antiterrorisme et de la loi sur la cybercriminalité. Le fondement de ces chefs d’inculpation est à chercher dans des messages WhatsApp où Yali appelait les Haratines, l’ethnie dont il fait partie, à résister à la discrimination et à réclamer le respect de leurs droits. « Les Haratines, des arabophones à la peau sombre qui descendent d’esclaves, constituent un des groupes ethniques les plus importants de Mauritanie. »

Pour l’ONG américaine, L’esclavage a décliné, mais n’a pas été entièrement éliminé.
L’organisation Américaine se félicite que des représentants de Human Rights Watch se sont rendus en Mauritanie plusieurs fois en 2018 et y ont mené leurs recherches sans obstacles. Par contre déplore le rapport, ils n’ont pas réussi à obtenir du gouvernement la permission de tenir une conférence de presse dans un hôtel de Nouakchott en février, et ont dû la tenir dans les locaux d’une organisation locale.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here