Messaoud Ould Boulkheir, l’émir de la contradiction et le génie de la...

Messaoud Ould Boulkheir, l’émir de la contradiction et le génie de la realpolitik

0

“Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère” aurait dit un jour l’écrivain Albert Camus dans des propos sans doute escamotés, rabibochés et érodés avec le temps. Il n’en reste pas moins que le FLN algérien au pouvoir a fait de cette phrase sa religion sur l’immense auteur de “La Peste”.

En Mauritanie, le soutien de Messaoud Ould Boukeir à l’Union pour la République (UPR) clarifie la position longtemps flottante de son parti, l’APP, en dilettante depuis un 3 août 2005. En optant pour l’UPR plutôt que l’AJD-MR dans la ville de Zouératt, le co-fondateur du mouvement El Hor en rajoute à sa réputation d’avoir sacrifié la politique sur l’auteur de la realpolitik. Messaoud aurait pu dire: “entre l’opposition et le pouvoir, je choisi le pouvoir”. C’est le seul mot à retenir de la déclaration laconique (d’après médias) de celui qui déclarait il y a quelques semaines au site Alakhbar que les élections du 1er septembre en Mauritanie étaient « fabriquées ».

” Ma décision ne vise pas à soutenir exclusivement l’UPR, mais au contraire à soutenir le régime, dirigé par Ould Abdel Aziz ; sans que cet appui s’inscrive dans le cadre d’une dette à lui rendre », déclare celui qui avait claqué la porte au dialogue en prélude du changement constitutionnel au site site d’informations en ligne « Essaha », dans un entretien relayé par Cridem.

Rien d’anormal. Si Messaoud soutient le président Aziz c’est que forcément il lui trouve du mérite. Mais c’est mal connaître le premier leader de la défunte Union des Forces Démocratiques (UFD), qui dit soutenir le président tout en lui lançant des cailloux.

” Malgré les efforts que nous avons déployés volontiers afin de l’aider à assurer une bonne et acceptable gestion du pays, nous n’avons constaté chez lui, aucun intérêt accordé à nos conseils, ni dans ses discours, ni dans ses actes », a-t-il ajouté, poussant le monde à se demander alors quelles sont les réelles motivations de son soutien à un homme qui, apparemment, fait peu de cas de ses conseils.

Par la suite, le message se perd encore dans le désert de celui qui a fait de la contradiction sa marque de fabrique: ” Je crois que si le Président Aziz, dont le mandat touchera bientôt à sa fin, sent qu’il n’a plus la mainmise sur les choses et que la situation lui échappe totalement, le pire n’est pas à écarter dans ce cas et l’intérêt général ainsi que l’avenir de la Nation ne seront guère pris en compte ».
Il faudrait certainement un décodeur pour comprendre la portée de ce message pourfendeur sur tout sauf sur l’essentiel.

Après avoir critiqué celui qu’il dit soutenir, Messaoud retombe sur un éloge à peine voilé de l’homme indispensable: ” la Mauritanie a besoin de plus de sérénité et de patience, surtout que Ould Abdel Aziz est le mieux habilité pour contrôler les conflits et les sensibilités entre les catégories et les segments dans le pays, enfantés par son système ».

Et d’enduire son message de ce beurre religieux qu’on sert aux mauritaniens à chaque occasion: “notre choix est de soutenir le pouvoir au second tour dans ces présentes élections ; par pur souci patriotique, loin de toute cupidité ou gain moral ou matériel ; sachant qu’Allah est convaincu de la franchise de nos intentions envers notre Patrie”. Inchallah,est-on tenté de lui répondre.

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE