Logs des partis : le psyché d’une élite apolitique

Logs des partis : le psyché d’une élite apolitique

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100 logos qui traduisent l’opinion dominante en Mauritanie.

Un simple coup d’œil sur les logos des 100 partis participant aux élections actuelles témoigne des fantasmes et des désirs refoulés d’une élite politique paradoxalement apolitique à l’exception notable de quelques uns.

 

Ainsi, le meilleur logo est sans doute cette paire de pigeons sur le point de s’embrasser, ce qui, sur la place publique, aurait valu lapidation à deux citoyens mauritaniens.

Il y a aussi ce vert de thé qui pousse tout observateur à se poser la question : «c’est quoi le projet? ». Et puit, comme au détour d’une dune, cette « 4×4», Prado qui plus est, faisant partie intégrante du rêve mauritanien. Tout comme un téléphone portable d’une célèbre marque suédoise.

La faune est bien représentée. De l’éléphant ou du mammouth (les sahéliens ne pouvant faire la différence ) à la gazelle et au poisson (clin d’œil aux ressources halieutiques), et à la panthère, à moins que ce dernier spécimen ne soit le tigre de Bengal.

Passé la faune, l’on tombe sur le mystique d’une société superstitieuse. De la main (de Fatima ?) que se dispute deux partis à cette étoile bleue dont le nombre de branches fait l’objet d’un comptage minutieux dans les chaumières, au hiboux, l’oiseau de Minerve, symbole de malheur.

Il y a aussi ce logo en forme d’œil qui rappelle plutôt Big Brother ou Star Academy.
Les scènes de la vie quotidienne sont bien présentes dans cette logosphére, ce qui dans 1000 ans pourrait renseigner un archéologue des us et coutumes des mauritanoides.

Il y a un mortier, une corde (mais pour attacher quoi ?), des lunettes, une flèche, une balance aux côtés d’un cheval, d’une vache bien maigre (sècheresse ?) et d’un chameau trop dodu sous l’effet de Photoshop.

La chaise en bois résume à elle seule la vie politique mauritanienne: l’antichambre où il faut bien s’asseoir, l’attente pouvant être longue et incertaine.
Ces logos décrivent le renoncement à l’idéologie. Leur discours dominant est bassement matériel. Le peuple veut s’échapper à sa prison, repousser la ligne d’horizon et se libérer des archaïsmes. Le politique lui tend la corde et le 4×4. À lui de choisir. L’absence de tout goût de l’esthétique et de l’art n’est -il pas la conséquence de l’avancée inéluctable de l’islam politique et radical qui contrôle les consciences et rêve désormais d’une OPA sur le subconscient de tout mauritanien?

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