Mauritanie : Mohamed Ould Abdel Aziz rebat les cartes du jeu politique

Mauritanie : Mohamed Ould Abdel Aziz rebat les cartes du jeu politique

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À deux mois des  échéances électorales (législatives, municipales et régionales), prévues, le  1er   septembre prochain,  le président, Aziz  a encore une fois  ouvert  le jeu politique.

En effet, dans sa récente interview accordée à France 24  en marge  du 31e   sommet de l’UA  à Nouakchott, l’homme fort  du pays a annoncé sa volonté de ne pas se présenter pour un troisième mandat.

Une affirmation qui  continue à  susciter des commentaires au sein des observateurs,  de la classe politique mais également  des analystes qui suivent de près ce dossier.

Dans son camp (majorité présidentielle), les faucons commencent à tirer de nouveau sur la ficelle, soucieux de leur intérêt et de leur avenir politique.

Dans ce sens, Dr. Mohamed Lemine Ould Cheikh, Ministre de la Culture, de l’Artisanat et des Relations avec le Parlement,  porte-parole du gouvernement  a  donné le ton en indiquant, le jeudi dernier lors du point de presse hebdomadaire que, « le président n’évoque pas aux autres, les questions internes de la Mauritanie, telles que la Constitution, les droits de l’homme et les élections, mais il les décide avec les Mauritaniens, sans intervention ni ingérence des étrangers».

Une déclaration qui a irrité certains observateurs  et  « l’opposition radicale  »qui ne sont pas du tout  rassurés  par  de tels propos.

En tout cas ce qui est sûr, la parole d’un politicien n’est pas sacré surtout si on a affaire à un alchimiste  et même à  un  « boulanger »  capable de rouler ses  adversaires  les plus coriaces dans la farine.

Le pouvoir n’échappera pas à l’armée

Ce qui espère voir  en Mauritanie une transition démocratique lors de la prochaine élection présidentielle de 2019, devront garder leur mal en patience   car  « les militaires »  sous la houlette du président, Aziz   , ne sont pas prêts à céder  le fauteuil présidentiel.

À en croire  le  journal  mensuel ,  les « mauritanies », le raïs a déjà  nominé ces probables  successeurs en l’occurrence   le  général de division Mohamed Ould Ghazouani et  l’actuel maire de la ville minière de Zouératt par ailleurs ancien colonel de l’armée,  Cheikh Ould Baya, compagnon de première heure de Aziz.

De l’avis de certains spécialistes, Aziz a déjà  négocié secrètement son départ, en mettant en place les dispositifs sécuritaires nécessaires.

Une chose est sûre  avec  un pays en chantier  et  des histoires  de détournement  de milliards, le président ne va pas offrir son fauteuil à un inconnu.

Les dés  semblent jetés pour que la Mauritanie reste  ad vitam æternam aux commandes des hommes  de  kaki et de béret vert.

Maintenant la question fondamentale est de savoir, quelle sera la stratégie de l’opposition face à cette  « machination électorale »,  qui commence déjà à faire des victimes.

D’ailleurs, on note une certaine dislocation de l’opposition radicale incarnée par le Front national pour la démocratie et l’unité (FNDU), avec  l’une de ses principales composantes, le rassemblement des forces démocratiques (RDF) qui a décidé de se présenter aux futures échéances électorales.

Un scrutin qui permettra  de mesurer  le rapport  de forces entre l’Union Pour la République (UPR), confronté à un problème de leadership  et  l’opposition en perte de vitesse avant  les élections présidentielles de  2019.

Maintenant  que le jeu  de carte bataille a repris, qui de l’opposition et du pouvoir remportera la partie, l’avenir nous édifiera ?

Ibrahima junior Dia

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