Mauritanie : l’AGOA, du miracle au mirage

Mauritanie : l’AGOA, du miracle au mirage

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La Mauritanie a vu en 24 heures le miracle de  l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) , se muer en mirage.  Donald Trump est passé par là.

Dans une lettre  parvenue à la presse, ce weekend, l’homme fort de Washington a annoncé que dès le 1er janvier 2019, les opérateurs économiques mauritaniens seront exclus de l’éligibilité du  marché de l’AGOA.

Ces derniers ne pourront plus exporter  leurs produits sur le marché américain, qui constitue une grande opportunité  pour les pays africains éligibles, avec  un excédent  de leur  balance commerciale  d’environ 2 milliards  de dollars.

Le président  Donald Trump  vient  ainsi de  donner un signal fort  aux autorités mauritaniennes face aux pratiques esclavagistes, touchant environ 20% de la population, selon les chiffres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA).

Le phénomène est régulièrement dénoncé  par les ONG de défenses des droits de l’homme, notamment HRW  et Amnesty international.

Cette dernière a, dans un rapport publié en mars  dernier, révélé que l’esclavage existe bel et bien en Mauritanie. Et que le nombre de personnes considérées comme esclave et expoitées comme tel est estimé à 43000 individus (composé essentiellement de harratines), soit 1% de  la population mauritanienne.

L’ONG a également pointé du doigt  la passivité des autorités mauritaniennes face à ce fléau sociétal, portant  un sacré coup  à l’intégration nationale du pays.

Se basant sur des chiffres , Amnesty a indiqué qu’en 2016 , sur 47 dossiers déposés pour des affaires d’esclavages devant la justice , seules 2 personnes ont été condamnés , soit un taux de 4%.

Des statistiques relativisées  par les autorités mauritaniennes qui se glorifient d’avoir  renforcé la législation dans ce sens.  Ainsi, en 2007, une loi a été votée pour criminaliser l’esclavage. Et en 2015, une nouvelle législation  est mise en place, faisant de cette pratique un crime contre l’humanité.  Les auteurs de telles pratiques s’exposent à une  peine d’emprisonnement de  20 ans.

Des mesures qui n’ont pas eu l’effet escompté puisque ce fléau existe toujours dans les coins et recoins du pays, selon les mouvements de défense des droits humains.

L’affaire Biram Ould Dah Abeid, , la goutte  de trop 

Durant  les élections législatives, municipales et régionales, du 15 août dernier, les autorités ont arrêté  le président de l’IRA Birame Dah Ould Abeid.  Cause avancée, des menaces que l’activiste avait proféré contre un journaliste.   En prison depuis 3 mois, Birame n’a pas pu faire campagne pour les  récentes législatives mais a été élu député.  La popularité de l’homme ne cesse d’augmenter à l’intérieur du pays. A l’international, les appels à sa libération se multiplient.

Maintenant que le leader de l’IRA  vient  d’avoir, indirectement s’entend,  un soutien  de taille en la personne du fantasque  président des Etats-Unis, quelle sera la suite?

A suivre ….

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