Histoire: ces émirs mauritaniens qui voulaient rallier le Maroc

Histoire: ces émirs mauritaniens qui voulaient rallier le Maroc

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Photos d'archives.

L’Entente Mauritanienne et le Parti Nahda sont les premières formations politiques à militer dès 1956 pour le rattachement de la Mauritanie au Maroc. Faisant échos à l’appel d’Allal Fassi, le puissant patron d’alors de l’Istiqlal, Horma Ould Babana, ancien député de la Mauritanie à l’assemblée nationale française, (battu en 1951 et 1956) s’installe à Rabat.

En 1958, il sera suivi par deux ministres mauritaniens en exercice, à savoir Dey Ould Sidi Baba et Mohamed Ould Bâ. L’émir du Trarza complète la liste et vint faire allégeance au Roi Mohammed V, déclarant “le désir de tout le peuple mauritanien de voir la Mauritanie retourner au sein de la mère patrie”. A cette hémorragie par le sommet, Moktar Ould Daddah de l’Union progressiste mauritanienne, vainqueur des élections à l’assemblée territoriale en 1957 ( 253 000 voix sur 268 000 votants et 375 000 inscrits), répondra par un célèbre discours: “Au moment où la France, par des institutions généreuses, nous donne le droit de nous gouverner nous mêmes et de nous déterminer librement, je dis non au Maroc. Mauritaniens nous étions, mauritaniens nous sommes, mauritaniens nous resterons”. De 1958 à 1960, le parti Nahda continue à militer pour le rattachement au Maroc.

Parallèlement, l’Union nationale mauritanienne, créée en 1959 par les dissidents de Nahda, préconise un rattachement du sud mauritanien au Mali. La Mauritanie obtiendra son indépendance le 28 novembre 1960 et sera admise à l’ONU une année plus tard en même temps que la… Mongolie extérieure. Les transfuges rentreront pour la plupart en 1963. En mai 1963, Ould Daddah fait partie des signataires de la charte constitutive de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Ce n’est que dix ans plus tard, en 1973, que la Ligue Arabe consentira …enfin, à admettre la RIM parmi ses membres.

Source:
Les revendications marocaines sur la Mauritanie [article]
Françoise De La Serre
Revue française de science politique Année 1966 16-2 pp. 320-331

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