L’unité nationale en 21 axes selon la vision de Tawassoul

L’unité nationale en 21 axes selon la vision de Tawassoul

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Le parti islamiste Tawassoul a frappé les esprits lors des dernières élections municipales, législatives et régionales. La force de ce parti vient de la démocratie interne (seule formation à avoir vu son président fondateur s’effacer au terme de deux mandats) de sa chaîne de solidarité agissante et d’une liste assez représentative de la Mauritanie dans ses diversités, ses langues et ses ethnies. Voici leur programme en 21 points présenté depuis janvier 2015. A vous de vous en faire une religion.


CONTOURS DE LA VISION

Le parti Tawassoul, pour ne pas rester dans les généralités a décidé de mettre en exergue tous les éléments indispensables pour résoudre la problématique de l’unité nationale et sauvegarder l’avenir du pays et le destin du peuple, ne va pas rester dans les généralités. Plutôt, il veut être explicite sur cette question de l’unité nationale dont dépend l’avenir du pays et le destin du peuple.

1- Il est alors nécessaire d’admettre avant tout que certaines communautés du pays, notamment les victimes de l’esclavage et les Harratins, ont subi de l’injustice et de la marginalisation. Des groupes au sein des différentes communautés, comme les « Forgerons » et autres, ont aussi souffert de cette marginalisation et de ce mépris. Et que l’injustice a frappé la communauté negro-mauritanienne surtout au cours des années 1989, 90 et 91. Mais il faut commencer par la réparation morale en admettant les erreurs puis demander le pardon, c’est l’étape nécessaire vers les autres formes de réparation de toutes ces injustices.

Admettre cette injustice et demander le pardon ne veut pas dire stigmatiser une communauté ou un groupe donné ; les erreurs incombent ceux qui en sont responsables qu’ils soient des individus ou appartiennent à un régime. En revanche, le pardon doit être l’affaire de tous. Disons-pour être honnête- que tous ont appelé à la liberté et à l’égalité. Disons aussi qu’on ne peut pas combattre l’injustice en commettant une autre. Soyons donc animés par l’esprit de justice et non par le désir de vengeance.

2- La solution au problème de l’unité nationale ne pourra être seulement sociale, culturelle, politique ou sur le plan des droits. Il doit s’agir aussi d’une approche globale qui prend en considération tous les paramètres entrant en jeu.

La démocratie est une solution aux problèmes politiques, et le fondement de l’État suivant la volonté du peuple est la première étape vers un État de droit. Donnons aussi raison à ceux qui disent que la démocratie et l’interprétation politique des rapports de force. Elle crée du coup des déséquilibres sociaux, économiques et culturels du moment où la dictature ne garantit pas l’égalité des chances.

C’est à partir d’une action donc nationale, inclusive et équilibrée que nous pourrons garantir la démocratie en politique, promouvoir les couches sociales défavorisées, instaurer la discrimination positive en faveur des groupes et des zones marginalisés et préserver les droits culturels des uns des autres dans un environnement d’unité et de cohésion sociale.

3- Le problème de partage du pouvoir et des richesses est aussi posé. Certains veulent que ce partage soit équitable voire même institutionnalisé, pendant que d’autres mettent en garde contre tout accaparement du pouvoir et des richesses, car cela continuera à semer la division, à pérenniser le racisme et à tuer les compétences.

Nous parti, Tawassoul, appelons à une représentation équitable de toutes les composantes nationales sur tous les plans. Dans une société comme la nôtre- l’histoire en témoigne- le risque est grand quand le partage du pouvoir et des richesses se fait sur la base ethnique, de la couleur de la peau ou communautaristes. Cela ne fait qu’élargir le fossé entre les communautés, renforcer la domination raciale et mettre les compétences en péril.

Dans une société comme la nôtre, qui a souffert de l’injustice, de la marginalisation, de la domination des uns sur les autres et de l’absence de l’État dans son rôle d’instaurer la justice et de garantir la stabilité, il est impératif de mener une politique visant à permettre à toutes les communautés de se sentir êtres chez elles et d’occuper la place qu’elles méritent. Cela passera par le respect la diversité culturelle, la préservation des droits, l’instauration de la justice, une garanti de l’égalité et parfois même par application d’une discrimination positive. Il ne faut cependant pas que ce dernier point soit l’objet de disposition de loi qui pourrait déboucher à d’autres formes de ségrégation.

4- La question culturelle et la problématique de l’enseignement et de l’Administration doivent être bien traitées. Il n’est pas concevable qu’une nation ne fonde pas son enseignement sur sa religion, ses références et sur ses langues officielle et nationales. Aucun peuple ne pourra prétendre un avenir radieux si son enseignement ne répond pas aux exigences de la modernité, du progrès et du développement.

Pour ce qui est de l’Administration, nous proposons une solution consensuelle au problème de la langue à utiliser, une solution autour de la langue officielle et des langues nationales. Nous proposons aussi une représentativité de toutes les sensibilités nationales tout en prenant compte des deux composantes arabophone et francophone afin de permettre aux uns et aux autres d’évoluer et d’occuper des fonctions dans leur langue de formation.

S’agissant du problème des autres langues nationales : le Poulaar, le Soninké et le Wolof, nous ne devons pas nous retarder dans les généralités. Il faut mener une nouvelle politique de leur revalorisation en y mettant les moyens nécessaires et en leur accordant leur place dans l’enseignement.


AXES PRIORITAIRES DE LA VISION

Il est nécessaire de traduire toues les théories développées en pratique suivant des axes prioritaires qui se résume comme suit :

1- Retour aux valeurs islamiques basées sur la foi et sur l’égalité entre les hommes et rependre le vrai message de l’Islam qui concrétise se sens.

2- Revenir aux enseignements de l’Islam basés sur la fraternité, la solidarité, la bienfaisance, le pardon, le soutien aux nécessiteux et sur le principe de la salutation et de la réconciliation entre les gens.

3 – Lancer un projet de réconciliation nationale qui prévoit un dialogue inclusif et objectif pour corriger les injustices du passé et ouvrier de nouvelles perspectives vers la reconstruction du pays et vers un nouveau contrat national.

4 – Apporter une solution définitive au problème du Passif humanitaire basée sur les devoirs de vérité, de mémoire et de justice ainsi que sur le principe de la réconciliation et du pardon.

5 – Réhabiliter les déportés dans leurs droits foncier et civique et leur accorder une indemnisation juste.

6- Instaurer une loi qui incrimine le racisme et sanctionne ses auteurs comme celle qui incrimine les pratiques de l’esclavage.

7 – Faire une conception générale d’une reforme éducative basée sur la culture islamique qui fédère les Mauritaniens et basée sur la langue officielle et sur les différentes langues nationales, tout en s’ouvrant aux autres langues internationales conscient des exigences du progrès et du développement.

8 – Proposer l’élargissement de la décentralisation et accorder plus de prérogatives aux conseils communaux pour qu’ils servent davantage les zones suivant les particularités sociales et les exigences du développement. Réviser aussi le découpage administratif sur de nouvelles bases justes et équilibrées.

9 – Permettre à ce qu’il ait un équilibre entre les différentes parties du territoire afin que chacune puisse bénéficier des ressources du pays. Il faut aussi prendre en compte les particularités économiques de chaque wilaya dans une stratégie nationale globale.

10 – Procéder au règlement juste et équitable du problème foncier

11 – Reformer le système judiciaire de sorte que toutes les composantes sociales y soient intégrées, pour instaurer la justice et garantir son indépendance.

12 – Faire face aux formes d’injustice sociale qu’elles soient des pratiques sectaires ou esclavagistes, par des mesures concrètes.

13 – Amener les oulémas, les imams et les autres religieux à jouer leur rôle pour empêcher de prendre l’Islam comme prétexte pour couvrir les pratiques esclavagistes.

14 – Renforcer l’esprit de citoyenneté et l’inclure dans les programmes scolaires

15 – Proposer des modèles d’intégration sociale, de solidarité économique, renforcer les liens sociaux à travers le rapprochement des groupes par des mariages intercommunautaires

16 – Adopter une politique de discrimination positive en faveur des groupes vulnérables dans l’octroi de financement, les projets de développement et dans l’enseignement.

17 – Adopter une stratégie équilibrée qui prend en charge tous les problèmes d’injustice et de marginalisations dont les composantes et les groupes qui appellent au respect de leurs droits ont été victimes tout en s’éloignant des discours qui appellent au la séparation et au discorde.

18 – Faire de sorte que les medias reflètent la diversité socioculturelle et en permettant à toutes les communautés d’accéder à ces médias de manière équitable.

19 – Réformer et élargir l’enseignement original à toutes les communautés et diffuser le message de l’Islam qui garantit l’unité nationale.

20 – Libérer notre héritage populaire de son côté négatif qui appelle au racisme, à la haine ou à l’esclavage.

21 – Faire renaître l’héritage socioculturel de toutes les composantes nationales et reconnaître les symboles et l’histoire de tous dans la scène.

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