Le Fouta mauritanien, éternel bastion du pouvoir

Le Fouta mauritanien, éternel bastion du pouvoir

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Le président Aziz arrivant à Boghé. Son prédécesseur avait eu droit à un cheval tout blanc donné par les Halaybé.

De Mokhtar Daddah à Mohamed Ould Abdel Aziz, en passant par Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, le Fouta a toujours voté pour le parti au pouvoir. En 1992, au sortir d’une période d’exception coûteuse en vies humaines, le PRDRS au pouvoir faisait le plein tout le long du fleuve avant de creuser définitivement son écart à Kobonni, seule localité mauritanienne où les moutons ont cinq pattes.

Le Fouta Toro n’a pas d’autre ressort que le consensus social mou qui lui sert d’organisation et de mode opératoire de prise de décision depuis la révolution des Almamy. A Boghé, Bababé et Kaédi, c’est ce consensus qui a prévalu quoique dans ces différentes localités, une alternative incarnée par la jeunesse, est entrain de voir le jour. Les ministres et les Généraux puisent souvent dans ce registre complexe qui fait appel à la solidarité et à l’esprit de famille pour perpétuer leurs statuts d’intermédiaires avec le pouvoir. Le même phénomène de consensus est reproduit à satiété sur la rive gauche du fleuve Sénégal où l’on a invariablement voté pour le parti au pouvoir depuis Senghors.

Certains analystes lient cette propension à s’allier avec le pouvoir à l’histoire plus ou moins agitée de la contrée. “Les gens du Fouta n’aiment pas la révolution mais soutiennent toute prise de pouvoir”, raconte ce ressortissant de Saaré Souki qui requiert l’anonymat. Et de faire référence à l’histoire. “Quand l’Almamy Abdoul Kader Kane a levé une armée pour conquérir le Cayor, tout le monde l’a soutenu. Défait et constitué prisonnier dans ce pays Wolof, il revint plus tard et sera assassiné à son retour”.
En son absence, un nouveau pouvoir avait été institué et tout le monde l’avait rallié. C’est pourquoi la victoire de l’UPR sur la plupart des localités relève d’une certaine logique, de ce vieux consensus Foutanké qui vaut que l’on ne s’oppose jamais au pouvoir.

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