Boghé : un deuxième tour explosif

Boghé : un deuxième tour explosif

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Après 48h de dépouillement, les jeux sont clairs à Boghé. Le candidat de l’UPR à la mairie, Bâ Adama Moussa, rafle 48% des voix. L’ancien pion de l’UFP, très populaire envers et contre tous, est toutefois contraint à aller chercher sa victoire au second tour qu’il disputera à l’AJD/MR d’Ibrahima Moktar Sarr, arrivé deuxième avec 16%.

L’UFP de Mohamed Ould Maouloud essuie une grosse désillusion dans ce qui était naguère son bastion. Très tôt cependant pour tirer les conclusions d’une déroute électorale d’autant plus douloureuse qu’elle oblige le parti dit progressiste à choisir entre l’UPR au pouvoir et le challenger AJD/MR qu’il n’a jamais supporté.

Ce n’est pas joué d’avance tant il est de notoriété publique que ce parti issu effectivement des prairies gauchisantes du MND dans les années 60 a progressivement dévié de son chemin, urbi et orbi, accueillant à bras ouverts nasseristes et nationalistes pour devenir le parti de la bourgeoisie intellectuelle et du consensus mou avec les militaires.

Ce parti pourra-t-il survivre à cette gifle retentissante sur les berges d’un fleuve qui l’a autrefois hébergé, cajolé avant de lui tourner le dos , las des silences, boycott et compromissions?

Bref, l’UFP, le parti de Mao, est au bord de l’implosion.

Pour les législatives, le parti au pouvoir affrontera Tawassoul, parti islamiste modéré, allié de l’AJD à Boghé et dans d’autres localités. Le mariage entre les deux formations relève de celui de la carpe et du lapin. Mais qu’importe le cachet si le vin enivre.

A l’échelle du plat pays, ces élections 2018 supposées être un test pour l’UPR d’ores et déjà obligée à sa remise en cause.. Les thuriféraires qui se glorifiaient d’un million de militants sont obligés à entonner d’autres hymnes.

Contraint au deuxième tour dans de nombreuses villes, le parti au pouvoir mesure la dure réalité du terrain. Le président qui, dit-on, cherchait une majorité écrasante pour envisager l’avenir avec plus ou moins de sérénité, doit, avant même son retour de la Chine, tirer les conclusions qui s’imposent et inviter ceux, préfets ou notables, tentés par le tripatouillage, à se raviser. Pour le moins et on le sait, de grandes figures risquent de tomber après ces élections.

Dia El Hadj Ibrahima

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