Implantation de l’UPR à Boghé Escale : le triomphe de la division

Implantation de l’UPR à Boghé Escale : le triomphe de la division

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Le résultat final des opérations d’implantation dans le quartier de Boghé Escale est finalement tombé le 15 Mai 2018 vers 20 heures. Les partisans des deux camps en compétition, chantaient et dansaient dans les rues en revendiquant la victoire, chacun.

Pour le camp dont le chef de file est Mohamed El Hadi Macina, ancien secrétaire général du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation et comprenant le général N’Diaga DIENG, Taha Mamadou SY, Inspecteur principal du trésor, Massar CISSOKO, ancien maire entre autres, il boucle 11 unités de base complètes chacune de 50 adhérents et adhérentes,

tandis que la tendance conduite par M. TALL Ousmane, secrétaire général du Ministère de l’Energie, des Mines et du Pétrole, dispose de 10 unités de base mais avec une 11 ème unité incomplète mais validée par la commission d’implantation selon TALL Mamadou (ancien conseiller à la présidence sous le règne de SIDIOCA entre 2007-2008) qui s’est déplacé de son poste de l’ASECNA à Dakar pour s’installer à Boghé du début jusqu’à la fin des opérations. Un soutien sans faille à son frère.

Une implantation très mouvementée et qui a ravivée les tensions politiques dans ce quartier et crée une déchirure profonde entre les familles. Ce qui était parti pour consolider les rangs de l’UPR a produit l’effet contraire. Ce qui est très dommage pour ce gros quartier qui a vu prospérer ou naître des sommités religieuses, intellectuelles, économiques, politiques, sportives et culturelles qui ont joué un grand rôle dans le développement de notre pays.

J’ai nommé, l’érudit, Thièrno Amadou Mokhtar Sakho dont l’Université Islamique au début du 20 ème siècle a été le point d’attraction de fidèles venus de toute l’Afrique. El Hadj Seydou Nourou TALL et son frère Amadou Mountagha TALL, Thièrno Lamine Djigo, Aly Lawel Dioum, Abdoul Aziz DIA entre autres. Sans compter les communautés Maures, Wolofs, Soninkés et Bambaras. Boghé Escalequi nous rappelle, feux Baîla Mamadou Birane, Macina Mamadou Lamine, Ba Bocar Harane (député) ; Cheîkh Sadbouh Kane et BA Alassane M’Beckou (paix à leurs âmes). Très haut lieu de spiritualité où le grand Cheikh, Abdallahi DIAeffectue chaque jour ses prières au crépuscule et ses Zicrs avec ses fidèles.

C’est l’histoire qui bégaie, serai-je tenté de dire. Tout fils de Boghé a, dans l’esprit ou entendu parler de l’épisode tragique entre Cheikh Sahdbouh Kane et BA Alassane M’Beckou en 1962 pour le contrôle de la municipalité. Leurs maisons sont parallèlement pourtant. Ici, les protagonistes se parlent au moins contrairement à cette époque antérieure, selon ce que nous ont rapporté les témoins d’alors. Le débat a volé parfois très bas entre les deux camps au cours de cette 2ème phase de cette campagne de réimplantation de l’UPR qui s’achève. La passion a pris le dessus sur l’argument politique.

On ne reconnait plus le quartier latin de la ville. Boghé Escale, le quartier où le riz au poisson était mangé après la seule ville de Saint Louis. Le café noir aussi était bu dans ce quartier en premier. Boghé Escale et sa diversité exemplaire qui font la fierté de notre pays.

Et pourtant, ce sont de grandes personnalités politiques qui ont occupé de hautes fonctions dans ce pays qui étaient dans la compétition. Le manque de confiance entre les deux camps politiques a envenimé le débat. Depuis que la Mauritanie existe, ces acteurs ont vécu dans la paix et la sérénité, pourtant. La suspicion entre les deux camps a crée un climat délétère et plongeant tout le monde dans l’embarras.

Dans une année, l’école I de Boghé Escale, la première école implantée par les colons en Mauritanie fêtera ses 100 ans. Boghé Escale pendant ce temps fait face à des problèmes d’insalubrité, d’éclairage de ses rues, d’évacuation des eaux fluviales avec l’hivernage qui s’annonce à grands pas et le chômage des jeunes.

Le Serviteur de la Famille Omarienne, Thièrno Madani Mountagha TALL est le bienvenu pour ramener la sérénité, la paix et récréer l’unité entre acteurs politiques.

La politique vaut elle tout ça ? Pour une élite, encore censée fournir des leçons de morale politique à l’opinion publique, aux nouvelles générations moins chanceuses qu’eux; cette attitude demeure gênante et incompréhensible pour beaucoup.

Terroir Journal

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