Aperçu sur les partis politiques en Mauritanie

Aperçu sur les partis politiques en Mauritanie

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La Mauritanie naît à la vie politique moderne à l’occasion des consultations électorales organisées dans le cadre de l’Union Française. Mais, jusqu’en 1957, le débat politique demeure intermittent, limité à une minorité restreinte et surtout dominé par les considérations électorales au détriment de la discussion des problèmes les plus importants du territoire.

Le régime politique mauritanien ne commence à prendre sa physionomie particulière qu’avec la création, en décembre 1961, du Parti du Peuple qui regroupe les différents partis existants à la date de l’indépendance, et, surtout, son institutionnalisation comme parti unique de L’État en 1965.

Cependant, les partis politiques  mauritaniens créés au lendemain du parti unique, recoupent les différentes parties (au sens de groupes idéologiques, communautaires ou régionalo-tribalistes) qui caractérisent le paysage politique actuel.

La plupart de ces partis ne sont pas véritablement actifs sur le champ politique national. Ils existent juste par  désir et non par rapport aux défis de la  réalité du pays. Car  certains d’entre eux restent très perplexes par  rapport à leur finalité.

Voici un panorama de quelques  partis politiques mauritaniens :

UPR : la loi du plus fort

Union pour la République, un parti constitué en 2009 sur initiative  de ses fondateurs sous la houlette  du frère le président Ould Abdel Aziz. Née dans la tourmente, au lendemain du putsch orchestré par le président Ould Abdel Aziz en 2008, l’UPR reste la défense de la ligne politique du chef de l’Etat, avec composants des hommes d’affaires, les héritiers de l’ancien système de Ould Taya… Son adhésion est conçue comme une rampe de  lancement pour accéder aux hautes fonctions mais pas pour défendre les intérêts du peuple.

Le parti tawassoul : parti de l’alternance

Parti de la mouvance islamiste politique mauritanienne, considéré à l’heure actuelle comme une alternance et  la première force de l’opposition. Créé le 3 août 2007, le parti d’obédience islamiste  revendique aujourd’hui plus de 100 000 militants qui éprouvent une proximité avec des frères musulmans du Maroc, de la Turquie et d’Egypte. Sa priorité, est avant tout l’unité de l’opposition pour que l’alternance soit enfin  possible, mais  surtout de voir une politique purement inspirée de la charia appliquée un jour en Mauritanie

La fin  de l’année  2017 marque un tournant historique pour le  parti  Rassemblement National pour la Reforme et le développement  plus connu sous le nom Tawassoul. En effet, le parti  a élu  lors de son 3ème congrès tenu en décembre 2017, son nouveau président, le député Mohamed Mahmoud Ould Seyidi  , qui siègera pour les cinq ans à venir,  en remplacement  de Jemil  Ould Mansour.

Avec cette tendance, s’ouvre une nouvelle ère en perspective pour ce parti qui a réussi à s’imposer en quelques années.

Au soleil des échéances électorales de 2019, le parti prépare bien son terrain afin de pouvoir se hisser côte à côte avec l’UPR.

L’UDP : mort programmée d’un parti traditionnel

L’Union pour la démocratie et le progrès (UDP) a été créée par feu Hamdi Ould Mouknas, considéré comme le plus célèbre ministre des Affaires étrangères de la Mauritanie. A sa disparition, les militants de l’UDP choisissent sa fille Naha pour diriger le parti et évitent sans doute ainsi à leur formation de connaître des luttes de succession qui pouvaient lui être fatales. Le choix des militants de l’UDP devient aussi celui du pouvoir quand Ould Taya nomme Naha Mint Mouknass ministre conseiller à la présidence, poste qu’elle occupera jusqu’à la chute du régime.

Aujourd’hui encore, le parti de Naha vit  sous les couleurs d’un parti au pouvoir,UPR qui l’a récupéré depuis l’arrivée du président Ould Abdel Aziz. Le parti  n’a ni  force,  et ne fixe  aucun objectif pour le  pays.

Financée largement par les pouvoirs publics, l’UDP n’existe que par symbole, elle ne brille pas. Cela incite à la disparition du vieux parti.

Le parti RFD : un parti qui souffre  d’un déclin irréversible 

En compétition jadis avec l’APP pour le titre du « plus grand parti de l’opposition », le Rassemblement des Forces Démocratiques a perdu son statut d’opposant de première classe.

Infatigable, observateur de la vie politique depuis plus de cinquante ans, le leader de RFD, Ahmed  Ould Daddah, est convaincu que le rôle des grands appareils est voué à s’affaiblir. Devant la montée en puissance  de certains partis d’opposition comme, le Tawassoul ou encore IRA,  RFD s’incline et son leader vainement fatigué à chercher pour être Résident de la République,  est invité à la retraite forcée.

IRA : parti émergent

Parti jouant d’abord sur l’égalité de tous dans un pays qui se dit de droit, il  développe une approche  de lutte contre l’esclave en premier lieu pour être soutenu par les leaders des Droits de l’Homme pour  enfin se lancer dans l’arène politique.

Birame Abeid Ould Dah, leader du  parti « Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste »(IRA) ne passe pas sans laisser de traces, il cherche à calquer la Mauritanie, ou ses partisans sur un modèle idéologique révolutionnaire.

Aujourd’hui, encore birame et ses partisans ne baissent pas les bras devant le pouvoir et sa force. L’ambition majeure du leader du parti est d’accéder au portefeuille présidentiel, une chose que son concitoyen  ou  son aîné dans le combat de l’esclavage, Messoud Ould Boulkheir a vainement combattue.

APP : un parti qui fait tout pour conserver son statut d’opposant de première ligne

Avec l’arrivée de l’IRA de Birame Ould Dah, avec les mêmes idées et le même chant que   l’APP à l’époque, abolir l’esclavage avant tout, le parti de Messoud ne se retrouve plus. Ses militants émigrent vers Birame, plus jeune, plus ambitieux…

L’agenda politique de l‘Alliance populaire progressiste (APP) reste mitigé sans compter les problèmes de santé de son leader,  Boukheir  qui cèdera peut être son héritage politique à Birame Ould Abeid, pour l’armer davantage afin  que celui-ci arrive au terme de ses ambitions…Changer la cause des harratines.

UFD : parti qui souffre d’un manque de stratégie

Principal parti de  l’opposition  qui avait la plus importante formation  a perdu son statut à cause de ses boycotts succédés. Il souffre toujours des problèmes de stratégies pour sa scène politique.

L’Union des Forces Démocratiques(UFD) doit dans les prochains mois développer une approche autre, si elle veut vraiment conserver son statut de parti qui compte  encore en Mauritanie.

L’AJD et le PLEJ : les porte-flambeaux de la cause négro-mauritanienne

L’Alliance pour la justice et la démocratie (AJD)de Sarr Ibrahima et le Parti pour la liberté, l’égalité et la justice (PLEJ) de Bâ Mamadou Alassane arrivent aujourd’hui à s’incruster difficilement dans le paysage politique mauritanien en faisant de la défense de la cause des Négro-mauritaniens la priorité des priorités… Une vision prospective qui ne s’est pas complètement réalisée  depuis et qui hypothèque donc les objectifs de ces deux partis.

Toutefois, pour certains des partis abordés supra de manière singulière, le rôle dans les prochains scrutins se limitera au dépôt des listes et à des alliances, avec les formations d’envergure, en vue de pouvoir se faire une audience. On n’imagine mal qu’ils puissent survivre à ces élections, après avoir choisi d’aller au charbon en rangs dispersés, risquant ainsi de se ridiculiser avec des scores très faibles.

Diary N’diaye Bâ

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