Maître et disciple : Regards phiosphiques croisés sur l’affaire libyenne

Maître et disciple : Regards phiosphiques croisés sur l’affaire libyenne

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Contre Bocar Oumar BA

Le registre de l’émotionnel et celui de l’analyse sont complémentaires. Le premier ouvre la voie à la capacité de s’indigner et le second à la quête des solutions.

On ne peut pas les dissocier surtout quand on fait face à des pratiques qui dépouillent l’être humain de sa dignité et le rabaisse au statut de l’animalité.

Cependant, tu ne dois perdre de vue que ce sont "les autres" qui sont concernés à savoir les pauvres, les paumés et << les grands blessés l'existence et de la vie >> dont fait allusion Nietzsche.

On ne peut ni hiérarchiser et ni quantifier les souffrances et les offenses faites à la dignité humaine. Vendre un être humain suppose nier sa dignité, son appartenance au genre humain et le rabaisser au statut de l’objet. La «chosification de l’humain» est devenue un fait divers.

On vocifère pour avoir bonne conscience mais comme ce sont les "autres, on oublie tout de suite" Nous sommes loin des « outils animés » dont parlait Aristote. On assiste à des logiques de multiples négations qui découlent de l’effondrement des normes morales et éthiques.

L'indifférence sociale face à la souffrance de ces personnes en migration vendues aux enchères comme du bétail contraste d’avec le tapage des Occidentaux face à un Khadafi qui maltraite son peuple. Je ne cherche pas çà dedouaner les dirigentas africains mais tu n'ignores pas qu'ils sont ailleurs !

Toute la question est de savoir et là je m’adresse à toi Bocar : Comment peut on se permettre de lutter et de condamner les actes terroristes au nom d’un idéal qui est celui de « l’égale dignité des êtres humains dans un univers où l’on tolère que l’homme soit traité comme « une vulgaire marchandise » selon la formule de Mitterrand ?

Tu m’excuseras de ce style Althussérien

Abdoulaye Doro SOW

Facebook – Le 19 novembre 2017

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A mon cher professeur Abdoulaye Doro Sow

Mon cher professeur, me voilà revenu pour aventurer une réponse dont j'espère qu'elle sera à la hauteur de l'interpellation philosophique. Je ne pense pas effectivement que l'émotion et l'analyse soient antinomiques dans une réaction . Mais je pense néanmoins que les temporalités de l'une et de l'autre ne doivent pas se confondre . Car si je.pense que l'analyse doit toujours venir éclairer la réaction, je demeure convaincu par ailleurs qu'il ya des émotions et des colères saines; et elles sont différentes des hystéries collectives qui conduisent toujours au drame. Et dans les situations comme celle qu'on observe en Libye, je pense que la première étape de la réaction humaniste doit être de l'ordre de la colère saine. Celle qu'on nomme par le beau mot d'indignation.

Je suis fasciné par ses colères saines qui ont le mérite de rassurer sur la nature humaine. Elle ont leur part d'intelligence non argumentée mais non moins vraie. Après, vient naturellement le temps de l'analyse et du débat serein qui sera d'autant plus fécond et apaisé, qu'il aura respecté le temps de l'émotion indignée. C'est ce que j'avais cru comprendre de la juste remarque du grand-frère Gourmo Lo​​ dans notre échange d'hier.

Pour répondre à ta dernière question, je pense qu'une indignation, pour être sincère et faire sens, ne.peut être sélective. C'est pour ça que sa seule idéologie de référence pour moi, ne.peut être que celle de l'Humanisme, si grandiloquent soit sa formulation.

Voilà mon cher professeur ma réponse, tout en te suppliant de m'envoyer la note inbox…lol

Bocar Oumar BA

Facebook- Le 20 novembre 2017

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Mis à jour le lundi 20 novembre 2017 21:27

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