ENIEME REPORT DE LA CREATION DE LA MONNAIE UNIQUE CEDEAO : Un...

ENIEME REPORT DE LA CREATION DE LA MONNAIE UNIQUE CEDEAO : Un refus de s’assumer

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Il s’est tenu à Niamey, le 24 octobre dernier, un mini-sommet de la CEDEAO sur le programme de la monnaie unique sous-régionale. Les présidents Mahamadou Issoufou du Niger, Muhammadu Buhari du Nigeria, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire et Nana Akufu Ado du Ghana, ont abouti, comme il fallait s’y attendre, à un nouveau report de l’avènement de la monnaie unique CEDEAO. La question que l’on peut légitimement se poser, est la suivante : « pourquoi les chefs d’Etat de l’espace ouest-africain traînent-ils les pas pour la création de cette nouvelle monnaie alors qu’une partie de l’opinion interne ne fait plus mystère de son hostilité vis-à-vis du franc CFA que l’on taxe de survivance de l’ère coloniale ? ». L’explication officielle que l’on sert invariablement aux populations, est l’insuffisance de préparation et le retard pris dans le processus devant aboutir à ce nouveau moyen d’échanges et de paiement.

Certes, l’on ne peut douter de la complexité du processus vers l’objectif tant espéré, mais il est à craindre que cet argument ne serve à masquer un manque de volonté politique. Et dans ce cas, l’on peut se poser légitimement la question de savoir à qui profite cette procrastination maladive des chefs d’Etat face à la question de la monnaie ouest-africaine. Le statu quo est, semble-t-il, profitable d’abord aux dirigeants africains eux-mêmes, qui ne veulent pas prendre de risques, surfant sur le sentiment de peur de l’avenir. Cette attitude, il faut le dire, n’est ni plus ni moins qu’un refus de s’assumer.

Il est impératif que l’Afrique pose la question de la monnaie unique comme un défi

Sans nul doute, l’accouchement de la nouvelle monnaie se fera dans la douleur, mais c’est le prix à payer pour goûter, comme le dit le poète, à « l’amère saveur de la liberté ». L’autre bénéficiaire de ce statu quo sur la monnaie unique africaine, ce sont les Occidentaux qui, malgré la clameur qui monte, restent et entendent rester les maîtres du jeu dans la structuration et l’animation de l’économie mondiale. La monnaie unique de la CEDEAO est donc, à n’en point douter, l’otage des intérêts politico-économiques aussi bien des Africains eux-mêmes que de leurs anciens colonisateurs. Et pourtant, ce ne sont pas les arguments qui manquent. D’abord, c’est une question de souveraineté. De nombreux économistes sont d’avis aujourd’hui, qu’il n’y a pas de véritable liberté sans souveraineté monétaire. Mais c’est aussi une question de poids économique du continent.

Car, une monnaie unique, en plus de faciliter les échanges entre différentes parties du continent, ferait de l’Afrique un vaste marché qu’aucune puissance économique ne saurait snober en raison de ses richesses naturelles et de son poids démographique qui en fait un gros consommateur. Enfin, cette monnaie unique pourrait accélérer le processus d’intégration politique de l’Afrique. Toute chose qui constitue l’objectif de la plus grande organisation continentale et des nombreuses autres organisations régionales et sous régionales. Cela dit, de ce qui précède, il est donc impératif que l’Afrique pose la question de la monnaie unique comme un défi à relever et se donne les moyens d’y arriver.

SAHO

Source : Le Pays (Burkina Faso)Original Article

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