Journée de la fille ce 11 octobre 2017

Journée de la fille ce 11 octobre 2017

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A une station essence, une femme d'âge mûr (35-40 ans) est au volant de sa voiture à l'arrêt. Dans la rue, un homme, à peu près le même âge en apparence, élégamment vêtu, mine de premier de la classe, propre sur lui, sortant peut-être d'une importante réunion d'une entreprise du CAC 40, gare sa voiture, une break allemande (fiable dit-on).

Il en descend furieux et court vers la voiture de la jeune femme, ouvre la portière coté conducteur (pourquoi n'a-t-elle pas verrouillé les portes?) hurle en essayant de la tirer de là de force. Des passants s'arrêtent, regardent sans rien dire. D'autres détournent le regard et pressent le pas en essayant de se convaincre qu'ils n'avaient ni vu ni entendu. La scène dure de longues minutes.

La jeune femme pleure, prononce des propos inaudibles. Le monsieur descend, fait le tour, ouvre la portière côté passager avant, s'assied et referme la porte. Les passants observent toujours sans réagir. L'homme redescend, se dirige vers sa voiture, toujours furieux, fait demi-tour, ouvre la portière coté conducteur et essaie de nouveau de sortir la femme de force. En vain. Il retourne s'assoir cette fois dans sa voiture et attend.

Tout le temps que durait la scène, je me bats contre moi-même pour ne pas intervenir. Et s'il m'agressait? (Il y a près de six ans, mon fils, trois ans alors, me conseillait de ne pas m'interposer entre des adultes qui se bagarrent parce, "tu sais papa, certains ont des couteaux et pourraient te tuer" lol). J'y vais quand même. Je donne un coup timide à la vitre côté passager.

Le monsieur la baisse. En bégayant presque de m’immiscer dans ce qui ne me regarde peut-être pas, je lui dis: quel qu'en soit le motif, je suis sûr que vous parviendriez à de biens meilleurs résultats en restant maitre de vos nerfs. Je suis sûr que vous en êtes capable. Bonne journée". Il tourne la tête, gêné et me remercie. Je tourne les talons et disparais.

Je me suis toujours demandé si, bien souvent, des drames n'auraient pas pu être évités (agressions dans le train, dans le voisinage, dans la rue…) par un simple mot, un simple geste. Ce monsieur qui suait la toute puissance et respirait l'impunité, va peut-être se retenir en se disant qu'il s'est donné en spectacle publiquement et gratuitement. Son ego en prendra certainement un coup. Il se dira peut-être que des passants ont tout vu et pourraient témoigner si jamais… Peut-être qu'il trouvera tout simplement d'autres méthodes, des mots plus justes pour se faire entendre sa violence, sans agresser plus faible que lui. #violencesconjugales.

Abdoulaye DIAGANA

Facebook – Le 11 octobre 2017

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Mis à jour le mercredi 11 octobre 2017 14:25

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