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AzizVoici ce qu’écrivait  Cissé housseynou Birama, alias l’avocat du peuple, ce jour-là.  

 

Dans ces moments de doute où la république est sur un lit de malade, l’heure n’est point à la tergiversation, aux polémiques non fondée et aux guerres d’informations.

C’est pourquoi je vous invite à taire vos pulsions partisanes et essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé pour situer les responsabilités, les erreurs, les fautes dans cette triste histoire qui touche notre pays dans un moment très difficile de son existence.

Un week-end comme les autres, le président quitte Nouakchott pour aller à 40 km sur la route d’Akjoujt.Comme de coutume sa sécurité est réduite pour ne pas éveiller les soupçons d’un déplacement. Après un bon moment passé avec son cousin, ils reprennent la route pour Nouakchott. 

Dans sa luxueuse V8, avec son cousin, ils ne jugent pas nécessaire de s’arrêter aux postes, histoire de cacher soigneusement les trajets qu’ils empruntent. Arrivés devant le poste en question, où comme de coutume chacun doit s’arrêter à quelques mètres et attendre que les hommes en arme donnent l’ordre de venir. Rien de tout cela n’inquiète la Luxueuse V8 pour des raisons que nous savons déjà.

Une fois devant les éléments en arme et n’ayant pas respecté les consignes et obtempéré, les forces de l’ordre décident d’appliquer à la lettre la leçon de la circonstance. Course-poursuite, tirs, la guerre comme à la guerre contre tout ennemi de la république. Mais ce dernier considéré comme tel n’était pas n’importe qui, car il s’agissait du président de la République. Mais, en réalité il n’était pas vraiment différent de n’importe qui, qui ne respecterait pas le protocole. L’armée c’est les ordres. La sécurité du pays vaut mieux que la sécurité de tout homme.

Braves et courageux et remplissant fidèlement la mission républicaine, les hommes en arme, en alerte maximum et qui traquent tout ce qui peut nuire l’État et son homme fort auquel ils ont à faire aujourd’hui sans le savoir, mettent les bouchés doubles et finissent par donner la belle et bonne leçon que la puissance est leur apanage. Ironie du destin, cette puissance ils l’ont dirigé contre le chef de toute puissance républicaine. Mais qui pouvait savoir. Une toute autre vérité est que ce n’est pas la première fois qu’on nous faisait écho de tirs qui ce cortège.

Touché et blessé, le président et son entourage malgré plusieurs calculs n’avaient d’autre solution que d’aller à l’hôpital militaire de Nouakchott. À la grande surprise des langues mortes de notre pays et comme dans l’habitude Mauritanienne, tout le monde était au courant à la seconde d’après. Pour palier à tout manquement, l’armée et d’autres hommes d’armes renforcent la sécurité de cette structure sanitaire située au cœur du très mouvementé quartier du Ksar. Erreur.

Cela attira tous les regards et les « chitari » trouvaient facilement mille interprétations de la situation et du pourquoi de la présence de notre président dans ce lieu : tentative de coup d’État, tirs par erreur etc.

Quelques heures plus tard, notre ministre de la communication nous sert des nouvelles difficilement consommables : « Le président à été victime de tirs par erreur et son État n’est pas grave ». Mais il avait oublié que l’intelligence des Mauritaniens allait pousser à se demander comme cela est arrivé ? Qui a commis l’erreur, le président ou les tireurs ? Pourquoi cela est arrivé ? Qui a tiré ? Pourquoi il a tiré ? Qui était avec le président dans sa voiture ? Et pourquoi le miracle a fait qu’il est le seul atteint ? Autant de questions négligées par la cellule de communication et qui serviront à pousser la logique plus loin.

Pour nous rassurer, la télévision se pointe à l’hôpital pour nous montrer l’image de notre cher président. Son visage, son regard et les multiples traits visibles qui montraient qu’il y’avait quelque chose à cacher, ont permis de dégommer majestueusement l’information qu’il était atteint juste au bras. Une balle au bras ne met jamais un soldat et surtout un homme de la trempe d’Aziz dans cette situation de prière. La vérité était toute autre.

Quelques heures après la regrettable histoire et les déclarations en pompe du ministre sur l’état de santé du président, on nous apprend l’arrestation des hommes d’arme, qui visiblement et jusqu’à preuve du contraire n’ont fait que ce que le protocole exige et c’est surement ce qui avait poussait notre ministre à servir les erreurs de tirs.

Ou le ministre s’est trompé sur sa déclaration ? Le président pour lequel on n’avait pas à s’inquiéter est évacué par la suite en France. Ironie des déclarations et contradictions patentes. La vérité était toute autre. Le président n’est pas atteint au bras mais au ventre. A l’hôpital c’était une opération d’extraction de balles, des soins primaires pour faire face aux hémorragies internes et autres.

L’armée par mesure de prévention, et selon l’urgence du moment exerce pour l’heure la totalité du pouvoir. Une très bonne chose pour nous prémunir des incontournables épisodes de recommencement institution par les coups de palais, les mouvements de rectification et les coups d’état. Mais cette stratégie n’aboutira qu’à deux situations qui dépendent de l’état réel de santé du président : s’il reprend la main et se tire d’affaire, comme on le lui souhaite, l’histoire de la balle ne sera qu’une leçon à méditer pour tous.

Dans le cas contraire, l’armée aura deux choix : demander à l’effacé Ba Mbaré, président du sénat de refaire son entrée de gardien au palais ou de nous imposer un autre coup constitutionnel et cette fois sous une autre forme.

Mais en attendant, le peuple tout entier doit être de tout cœur avec Aziz le concitoyen, le frère, l’ami, le compatriote, l’humain et oublier les logiques partisanes politiques et politiciennes. Bon rétablissement notre frère


 

Cissé housseynou Birama
L’avocat du peuple et le plus proche conseiller .

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