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Le gouvernement mauritanien et la présidence de la commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), avaient signé un accord d’association le 05 mai dernier à Nouakchott.

Cet acte devait être validé par la 51e session de la conférence des chefs d’Etats et de gouvernements tenue les 04 et 05 juin 2017 à Monrovia (Libéria).

Pour rappel, cette rencontre au sommet a entériné le principe politique de l’intégration du Maroc et engagé les différents organes de l’ensemble sous-régional dans le processus de réalisation technique et juridique de la décision prise au plus haut niveau. Idem pour la demande du statut d’observateur formulée par la Tunisie.

Toutefois, elle a recalé Nouakchott dans sa demande visant à obtenir le statut d’associée, invitant la Mauritanie, membre fondateur de la CEDEAO en 1975,

«à présenter une demande de réintégration».

Depuis, on observe un silence radio total du côté du gouvernement mauritanien par rapport à la suite à donner à cette affaire, contrairement au débat qui se développe au sein de l’opinion, notamment dans le cercle des hommes politiques et intellectuels.

Ainsi,Yahya Ould Ahmed Waghef, leader du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD-ADIL), ancien Premier ministre, explique le bien fondé d’un retour à la CEDEAO à travers les colonnes de la dernière livraison de l’hebdomadaire «Le Calame».

Pour cet homme politique, par ailleurs économiste de formation, «il est plus sage de demander une réintégration à la CEDEAO. Car, il me semble que les dirigeants de cette organisation n’ont pas examiné l’accord d’association signé entre la Mauritanie et la commission portant sur la libéralisation de la circulation des personnes et des biens entre notre pays et les 15 états membres.

Au lieu de se pencher sur cet accord, ils ont invité la Mauritanie à présenter une demande de réintégration. Une interprétation possible serait un rejet de l’accord d’association. Les Etats de la CEDEAO expriment ainsi leur refus de toute demi-mesure avec un ancien membre. Ou bien vous intégrez, sinon il n’y a pas d’accord d’association possible”.

Il ajoute que cette interprétation lui semble plausible, mais aussi un peu logique dans la mesure où “les Etats de la CEDEAO voisins de la Mauritanie, qui peuvent être particulièrement intéressés par la libre circulation des personnes et des biens, ont déjà signé des accords bilatéraux avec notre pays et ne trouvent donc aucun intérêt dans un accord d’association. Leur avis est certainement prépondérant pour ce qui concerne la Mauritanie”.

Partant, “nous avons quitté volontairement cette organisation depuis 2 décennies et nous revenons pour choisir ce qui nous convient sans nous y intégrer. Il aurait fallu avoir d’excellents rapports avec les voisins, ou avoir un marché suffisamment alléchant pour les autres Etats, deux conditions qui ne sont malheureusement pas satisfaites”, conclut-il.

L’accord d’association, mort-né, paraphé début mai entre Nouakchott et la CEDEAO, prévoyait l’instauration d’un Tarif douanier extérieur commun (TEC) et une politique commerciale commune, et à partir de 2019, la libre circulation des personnes et des biens.

La Mauritanie s’est retirée de la CEDEAO en 2000 «pour se consacrer à l’Union du Maghreb arabe», la communauté économique régionale (CER) la moins intégrée d’Afrique. Or, la Mauritanie a plus d’affinités et de relations avec les pays d’Afrique subsaharienne où elle compte plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants exerçant particulièrement dans le commerce de détail.

Le360

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