Mauritanie : entre Taxi et charrette, où investir

Mauritanie : entre Taxi et charrette, où investir

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Ils ont voulu bruler toute la ville de Nouakchott parce que l’Etat veut imposer des taxes sur toutes les infractions routières. Ces voitures qui roulent du matin au soir sans frein, sans clignotant gauche ou droit, sans rétroviseur et parfois même sans assurance. Un pays où le secteur informel prédomine et fait nourrir presque tous les foyers des quartiers périphériques. Appliquer à la règle de nouvelles lois sur les conducteurs infracteurs reviendrait à couper de l’oxygène à plusieurs pères de famille vivant longtemps sous cette routine des vieux transporteurs de quartier à quartier ou de zone en zone. Une ville où presque 200.000 personnes empruntent le circuit de taxi ou charrette pour leurs déplacements quotidiens et donc investir dans le transport serait évidemment rentable.

Nous avons rencontré un jeune « Yougo »revenant fraichement d’une longue aventure Européenne. Il a pris le risque d’acheter dix voitures de marque Mercedes 190 pour un coût global de 20 Millions d’Ouguiyas. Chaque voiture après avoir dégagé l’achat du carburant, lui verse un montant estimé à 4000 par jour soit un total de 14.000.000 UM par an pour les dix voitures. Les charges fixes annuelles se repartissent entre la paie des dix chauffeurs soit 3.600.000 UM/an et l’entretien des voitures approximativement chaque 3 mois pour un montant total de 180.000 UM l’année. Les autres charges diverses sont de 600.000 UM par an pour les assurances et vignettes des voitures. Le jeune Yougo en une année fait entrer 14.000.000 Um pour dépenser 3.780.000 UM et donc « Yougo » gagne presque par année 9.620.000 UM. Pour amortir son investissement, il lui faut presque deux ans et demi de travail sans grandes pannes mécaniques de ses voitures.

La charrette et le “wotire”(charrette à cheval) sont aussi des moyens de déplacement les plus convoités en Mauritanie surtout dans le milieu rural du pays et plus précisément au bord du fleuve. A Nouakchott, ces deux rivalisent le bus et le taxi surtout pendant la période d’hivernage où la ville de Nouakchott est parfois sinistrée par des eaux de pluie, la charrette devient un taxi-pirogue. Certaines populations de la périphérie surtout ne connaissent   que ces moyens de transport soit par limite de leurs moyens ou par un simple plaisir. Néanmoins, investir sur une charrette demande un budget restreint.

Voici le jeune « Mboyrik », un type qui ne croit pas aux investissements lourds, s’est juste limité à acheter dix charrettes accrochées à une bête (un âne dans notre cas). Le coût global de son investissement est estimé à 1.200.000 UM. Les charges entre l’alimentation des animaux et l’entretien des charrettes oscillent aux alentours de 1.800.000UM par année. Et autres charges destinées à la mairie qui s’élèvent à 200.000 UM0 par an. Les conducteurs versent un forfait de 4000 UM par jour soit un total de 14.400.000 UM par an pour les dix charrettes. Le jeune Mboyrik fait entrer alors en une année un montant de 14.400.000 Um pour dépenser 3.200.000 UM/ an. En tout moins de 400.000 UM suffit pour investir sur ce créneau.

Le jeune Mboyrik contrairement à Yougo amortit son investissement dès la première année et en même temps il gagne presque à hauteur de 100% de son investissement de départ la même année.

Par ailleurs investir sur une charrette contribue à la réduction du taux de chômage avec la création de nouveaux emplois. Car la charrette en dehors qu’elle soit un moyen de transport pour les passagers, sert aussi à transporter les barils d’eaux dans certains quartiers périphériques.

Résultat: en faisant l’étude de tous les paramètres à ce modeste raisonnement l’investissement d’une charrette remporte sur le taxi. Car une charrette demande moins de dépenses pour les entretiens moins de fisc et charges imputables et le coût de versement journalier est à peu près le même. Aujourd’hui à Nouakchott investir sur une charrette est moins stressant face à cette brigade et aux nouvelles lois routières de plus en plus rudes.

Propos recueillis par Diary N’diaye

 

 

 

 

 

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