L’éditorial de La Nouvelle Expression : CR, 25 Février, IRA, TPMN et...

L’éditorial de La Nouvelle Expression : CR, 25 Février, IRA, TPMN et d’autres

0

La Nouvelle Expression – Ils sont libres mais avertis. Les jeunes de la marche pacifique ont goutté à la méchanceté du pouvoir en place.

Les forces de l’ordre n’ont pas dérogé à la règle comme par le passé vis-à-vis des mouvements civiques et revendicatifs, comme le veut le pouvoir en place. La jeunesse a été réprimée et jetée en prison avant d’être libérée. Un avertissement.

Jeunesse de 25 février, répression et cooptation : la date du 25 février reste et restera mais la jeunesse semble être essoufflée. CR, un cadre très réduit en nombre mais qui était très efficace en actions ; aujourd’hui, il n’en reste que la conscience car ils ont toujours la formule et la précision dans leurs verbes mais la résistance, quant à elle, s’est quelque peu dissipée.

Touche Pas à Ma Nationalité : par la répression féroce des tenants du pouvoir et victime des querelles intestines, ce mouvement des jeunes très motivés semble être anéanti et se cherche alors que la nationalité est grandement touchée, les candidats à l’enrôlement n’ont que leurs yeux pour pleurer. L’enrôlement constitue aujourd’hui la plus grande épreuve que le Mauritanien noir redoute. Ce qu’on a surnommé le projet de génocide biométrique continue, imperturbablement, son bonhomme de chemin vers son objectif inavouable mais avoué.

IRA Mauritanie : l’autre espoir. Un élan d’action civique qui a porté des fruits probants. Une organisation non reconnue qui a fait connaitre la misère des populations mauritaniennes comme jamais auparavant (l’esclave, le racisme…). Un espoir déçu, car des cas d’esclaves identifiés ne sont plus d’actualité. IRA est aujourd’hui minée par des dissensions internes, sans compter qu’elle fait l’objet, constamment, des pressions implacables du pouvoir en place. Conséquence : le terrain interne a été déserté pour la conquête des prix à l’extérieur.

Des prix qui n’ont aucune incidence sur la vie et l’existence des esclaves ou anciens esclaves. L’époque et le temps où la seule évocation du nom d’IRA ou de son leader faisait trembler semblent être révolus.

La Marche Pacifique des Jeunes Mauritaniens (MPJM) : une initiative qui a pris naissance sur les réseaux sociaux par des jeunes Mauritaniens qui voulaient participer au réveil de conscience des gouvernants et des populations sur la misère de ce pays. Notre misère sur laquelle ces jeunes ont pointé le doigt pour que le désarroi mauritanien s’arrête avant qu’il ne soit trop tard. Et la jeunesse a été catastrophée par la riposte. Les tenants du pouvoir ont envoyé la police pour écraser l’initiative de cette jeunesse considérée comme trop bruyante.

Pour les tenants du pouvoir, tout va bien (le travail, le social, la santé, l’économie). Pour ce pouvoir sourd à la complainte du peuple, le trouble-fête c’est le chômeur qui cherche à travailler. Le violent, c’est l’esclave qui cherche à se libérer. Le perturbateur des sommeils des gens biens nés c’est l’affamé qui cherche à manger. L’ennemi du peuple c’est le citoyen qui cherche l’expression effective de sa citoyenneté en droit et en devoir.

Voilà pourquoi la police réprime toutes les initiatives qui interpellent le pouvoir sur le chaos ambiant. Cette police brime, bastonne le peuple à coup de matraques et l’asphyxie à coups de bombes lacrymogènes. Etre bastonné et embastillé est devenu, ici, le lot des militants pacifistes…

Quid de la société civile qui doit venir aux rescousses … En grande partie, elle constitue le véritable virus qui affecte la Mauritanie qui aspire à une existence radieuse. Elle est gravement infestée et infectée par des soldats sans conviction ni vision se spécialisant dans la création d’initiatives de soutien au chef du moment. Dans la société civile mauritanienne, l’ivraie a complètement enterré la bonne graine.

Cette société civile ne peut servir à grand-chose pour les Mauritaniens meurtris.

Pauvre pays !

Seydi Moussa Camara

cridem

Original Article

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE