Tekane: les dessous de la guéguerre entre les Kane  et les Sy

Tekane: les dessous de la guéguerre entre les Kane  et les Sy

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Alors que les Kane de Tekane n’ont pas encore résolus leurs problèmes en interne, les voilà depuis quelques années dans une tentative d’OPA sur les plates bandes  de la  famille Sy.

Les lignes bougent. Détenteurs de  la chefferie traditionnelle héritée  des mains du colon (le premier chef de canton est Ndiaye Ali Kane 1906-1955), les Kane,  portés par des vents politiques favorables, tournent autour du  pouvoir religieux,  domaine exclusif des Sy depuis la révolution de 1776 qu’a vu les Almamy prendre les pas sur les“ Deniyanké“.

Au commencement, les Kane se proposent de réfectionner gracieusement  la mosquée traditionnelle.

Très méfiant comme tout bon Sy, l’Imam oppose une fin de non-recevoir polie mais ponctuée d’amabilités autour d’un verre de thé et par des formules paraboliques. L’érudit voulait en connaitre d’avantage sur cette générosité  de la part des gardiens  de la chefferie traditionnelle de Tekane. Les Kane reviendront plusieurs fois à l’assaut. A chaque fois, l’imam leur oppose le même sourire avenant et leur sort le même refus enrobé dans une belle formule destinée à être interprétée. 

Pendant que les pourparlers perdurent, la vieille déchirure  interne entre les familles Kane refait surface comme c’est d’ailleurs le cas à chaque fois qu’il y a un événement majeur (élection, distribution de dons, affectations de terre etc.…). Les Kane descendants directs du chef de canton, jaloux de leurs cousins  Kane de tchangaye, ne sont pas favorables à la nouvelle mosquée.  Ils appuieront discrètement l’imam dans son refus poli et ponctué de spiritualités.

De guerre lasse, les Kane décident alors de construire leur propre mosquée. Ce qui  suscita un tollé  à Tekane et dans tout le Dimath.

Pour la première fois, des fonctionnaires  vont à l’assaut d’un pacte scellé par le sang et le vieux code d’honneur “Foutanké“ qui se renouvelle de génération en génération. Toujours est-il que, la nouvelle mosquée de Tekanea été construite en un temps record et inaugurée en grande pompe en présence des autorités. 

Seul hic, le boycott d’une partie des  villageois qui n’ont pas voulu participer à une division de plus d’un village qui porte encore le stigmate de 1989.

Aujourd’hui, Il y a deux mosquées hautement concurrentielles et qui livrent un duel digne d’un Classico Real de Madrid VS Barca tous les vendredis.

En fin manœuvrier, les Kane de Tchangaye ont choisi un Sy pour diriger la mosquée, sémant au passage, urbi orbi,   les germes d’une nouvelle guerre civile dans la famille des Sy.

Cette guéguerre tourne au profit du clan des “Adouaba“ et plus précisément du clan de l’actuel maire Alioune Ould Hamed Loobok, allié des concepteurs de la nouvelle mosquée..

Ainsi va la vie à Tekane, enfoncée dans une sympathique guerre froide entre les Sy et les Kane.

Mauritanies1

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