DISCOURS DE NÉMA DE GRÂCE, OUVRONS LE VRAI DÉBAT

DISCOURS DE NÉMA DE GRÂCE, OUVRONS LE VRAI DÉBAT

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Dommage que du discours du pré- sident de la Ré- publique pronon- cé récemment à
Néma, l’on ait retenu que le déra- page, réel, sur l’esclavage. Dom- mage que l’on ait réduit une cri- tique directe sur les naissances non contrôlées et la propension de nombreux mauritaniens à faire des enfants sans se soucier de leur res- ponsabilités et devoirs de pères, à une invective contre les haratines. La récupération politique de ce dis- cours, si elle est légitime, ne doit pas nous priver d’un débat essentiel sur la famille en Mauritanie. Ce se- rait un leurre, confortable, de pen- ser que seuls les haratins font trop d’enfants. L’espacement des nais- sances participe de la libération de la femme et de la santé maternelle chez les maures, les peuls, les zena- gas, les wolofs et les Soninké. Or, chez la plupart des composantes de ce pays, le planning familial est encore du domaine du tabou. L’on reste, comme l’écrivait récemment l’universitaire et conseiller du Prè- sident, Abdeslam Merzoug, dans les modes de production dignes du néolithique quand l’agriculteur avait besoin de plus de bras pour fruc- tifier ses champs. La persistance de cette mentalité montre que la révolution industrielle survenue à partir de 1750 en Angleterre et en France, et qui a modifié les rapports sociaux de serfs à seigneurs en pro- létaires et patrons, n’est pas encore arrivée en Mauritanie. En dehors de Nouakchott, Nouadhibou et Zouératt où les balbutiements industriels ont entamé le démantèlement des structures sociales traditionnelles, l’on assiste en milieu rural à une per- sistance des systèmes de valeur liées au mode de production agraire de l’Afrique pré-coloniale. La propen- sion à faire des enfants se poursuit en même temps que la persistance du rapport de castes et d’asservissement qui unit entre eux beaucoup de mau- ritaniens. Ces archaïsmes contradic- toires avec une société moderne re- cueillent un certain consensus entre les nouvelles élites intellectuelles, au pouvoir comme dans l’opposition, qui semblent vouloir reproduire la société qui les a vu naître. On le voit chez de nombreux partis politiques, la présidence de parti ressemble à unechefferiecoutumièreduGorgol du 19ème siècle. Les présidents sont élus à vie ou assurés de l’être à travers des congrès bidons où la parodie se le dispute à la vacuité des discours. Bientôt, la génération des chefs po- litiques va transférer leurs charges à leurs progénitures sans qu’aucun n’y trouve à redire. Dans la Mauritanie actuelle, on a besoin d’une classe politique qui prenne en compte les s’explique par son engagement dans la lutte contre le racisme et l’esclavage, là où d’autres partis, dit convention- nels, tentent d’entraîner le débat poli- tique dans un troisième mandat qu’ils souhaitent ardemment pour pouvoir s’opposer. Cette opposition de salon, de miel et de dattes, qui a renoncé au vrai débat d’une Mauritanie malade de son unité nationale et de sa cohé- sion sociale, est condamnée à espérer une violation de la constitution pour renaître de ses cendres. C’est bien dommage.phénomènes de société. Le succès populaire de un Biram Ould Abeid

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