Hivernage: le beau temps des uns fait le malheur des autres

Hivernage: le beau temps des uns fait le malheur des autres

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Tawary-Le bonheur des uns fait le malheur des autres. C’est dans la saison des pluies que l’adage est bien vérifié. Si l’hivernage fait l’affaire des paysans et des cultivateurs qui attendent avec impatience l’arrivée des pluies, celles-ci ont souvent mis bien de mauritaniens dans de sales draps…. A la tombée des pluies des citadins de la ville de Nouakchott, de Rosso, de Selibaby et d’Atar habitant dans certaines zones pratiquement inondables dorment les yeux à moitié fermé.

Il faut se pencher sur les catastrophes que la pluviométrie a provoquées dans la wilaya de l’Adrar pour comprendre l’état d’esprit qui anime les riverains de la ville à l’approche de l’hivernage.

En Mauritanie, les pluies des années 2012 ont plongé les quartiers d’El Mina et Sebkha en entier dans la désolation. En effet en 2008 cent soixante et un millimètres d’eaux ont transformé Tintane en bassin de rétention. La presse faisait état de plusieurs dégâts matériels suite à ces fortes pluies qui ont provoqué des inondations et d’importants dégâts.

Pratiquement après chaque fortes pluies, le constat est toujours le même : des rues inondées, des quartiers coupés du monde, des voitures renversées par les eaux de ruissellement, des maisons qui s’affaissent, des familles qui dorment à la belle étoile, des risques énormes de maladies hivernales de toutes sortes.

L’année dernière la pluviométrie a été tendre plus ou moins timide à Nouakchott bien vrai que la ville à eu son lot d’inondations puisqu’il ne suffit que quelques millimètres d’eaux pour se rendre compte des efforts à fournir par les autorités pour éradiquer ces inondations qui constituent un fléau. D’ailleurs, il est important que le gouvernement prenne des mesures draconiennes pour faire face à d’éventuelles inondations durant l’hivernage. Suffisant ou pas Nouakchott redoute toujours de nouvelles inondations exceptionnelles.

Selon des habitants de la capitale, les inondations sont le résultat de l’urbanisation anarchique de la capitale ce qui signifie qu’une urbanisation mal planifiée ou maîtrisée peut en outre aggraver les risques d’inondation en raison de changements climatiques. A mesure que les villes se densifient et s’étalent pour accueillir toujours plus d’habitants, leur expansion donne souvent lieu à un développement anarchique des quartiers ainsi que dans les autres zones inondables. En Mauritanie, la croissance démographique urbaine et l’expansion spatiale des villes (la banlieue) sont caractéristiques des implantations sauvages densément peuplées et miséreuses. La concentration de pauvres, qui n’ont ni maison, ni infrastructures, ni services dignes de ce nom, accroît le risque d’inondation, et aggrave l’ampleur de leurs impacts sur les populations défavorisées», expose un architecte.

De son côté Ahmed se plaint du manque de rigueur dans l’assainissement : «Il n’y a qu’en Mauritanie où on voit chaque année ces problèmes d’inondations, c’est inacceptable. Le gouvernement est un médecin après la mort. Il attend les catastrophes pour aller indemniser à gauche à droite et répète cela chaque année jusqu’à quand. Gouverner c’est prévoir. De ce fait il faut doter la capitale notamment les zones inondables de système de canalisation capable de recueillir toute l’eau des pluies qu’on pourra après utiliser pour l’agriculture. C’est faisable il suffit d’y mettre les moyens nécessaires et c’est une urgence de résoudre une bonne fois pour toute ces problèmes d’inondations si on veut atteindre l’émergence», explique t-il.

«A chaque fois qu’il pleut, l’eau entre dans les maisons. Et l’eau peut stagner ici pendant des semaines dans les rues. Cela nous empêche de nous déplacer. Nous sommes obligés de marcher dans l’eau. Nos enfants souffrent de diarrhées ; on est malade, on a des problèmes pulmonaires», avise Maimouna.

Moussa Faye habitant de Sebkha laisse entendre que «la prochaine pluie peut attendre encore, on n’a pas besoin de beaucoup d’eau à Nouakchott. Les wilayas elles en ont besoin en abondance. A Koufa et Basra, on habite sur une place d’eau, quand les pluies reprennent avec l’absence de mesures préventives, c’est la catastrophe».

Aboubecrine Sidi

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