Poutine, grand maître de la diplomatie du coup de poing sur la...

Poutine, grand maître de la diplomatie du coup de poing sur la table

0

Montrer les muscles d’abord, discuter après. Le président russe rejoue avec l’Ukraine sa traditionnelle partition diplomatique de la tension permanente. Une stratégie qui pourrait s’avérer gagnante sur plusieurs tableaux.

En relançant la tension autour de l’Ukraine, que cherche Vladimir Poutine? La réponse la plus simple est la question elle-même. Le président russe n’aime rien plus que laisser ses adversaires-partenaires spéculer sur ses véritables intentions. Cherche-t-il à détourner l’attention de la situation difficile en Crimée, annexée en 2014? À remettre en cause le cessez-le-feu, mal respecté, dans l’est de l’Ukraine? À faire pression sur la France et l’Allemagne, garantes des accords de Minsk? À ranimer une foyer de tension en Europe pour avoir les mains libres en Syrie, notamment à Alep? À se procurer une nouvelle carte dans une négociation globale avec les Etats-Unis? À entretenir la flamme nationaliste en Russie elle-même avant les élections à la Douma de l’automne?

Un peu tout à la fois, sans qu’il soit possible d’établir une hiérarchie des objectifs et donc un choix des ripostes.

Tout a commencé par la dénonciation par le FSB, les services de sécurité russes, d’une tentative d’action «terroriste» sur la presqu’île de Crimée, qui, au début du mois d’août, aurait entraîné la mort de deux soldats russes. Sur cet incident, qui semble bien avoir eu lieu malgré l’absence de preuves, les versions diffèrent. Les Russes ont montré à la télévision un citoyen ukrainien, Evgueni Panov, présenté comme un officier des services secrets, qui aurait été arrêté à Armiansk, la ville frontière du côté russe, en possession d’armes et de munitions destinées à des attentats. Son objectif: «déstabiliser le climat sociopolitique» et dissuader les touristes de se rendre en Crimée. Evgueni Panov a naturellement fait «des aveux complets».

Cette version a été rejetée par le président ukrainien Petro Porochenko qui l’a qualifiée «d’aussi cynique et démente que les allégations affirmant qu’il n’y a pas de soldats russes dans l’est de l’Ukraine». Une autre hypothèse fait état d’échanges de coup de feu à la mite entre la Crimée et le continent ukrainien, suite à une tentative de désertion de soldats russes, ce qui ne serait pas la première fois depuis l’annexion en 2014.

Lire l’article complet dans Slate

Article Original

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE