Entretien exclusif avec Sidi Diarra, député-maire de Rosso

Entretien exclusif avec Sidi Diarra, député-maire de Rosso

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FullSizeRender (2)Dans la crise âpre qui paralyse la mairie de Rosso depuis bientôt un an, le nom d’une personne, toute puissante, revient dans les conversations. Il s’agit de l’honorable sénateur Mohcen Ould Hadj, aussi adulé que craint, aussi courtisé que haï. Les jeunes cadres ambitieux cherchent sa protection et pensent que sa bénédiction est la voie royale pour accéder aux honneurs et aux hautes fonctions de l’Etat. Sa qualité de membre de l’UPR, le parti au pouvoir, et de lointain cousin du président de la République, constituent, tout autant que sa richesse, réelle ou fantasmée, des gages suffisamment persuasifs de la part de cette jeunesse du Trarza qui pense, à raison d’ailleurs, que l’on ne peut prospérer dans le marigot politique mauritanien que sous la tutelle d’un bras long. Cette omniprésence du sénateur dans le psyché de toute une ville sert d’explication à la vie politique. Aussi, les rossossois ne sont pas partis loin pour voir l’ombre du sénateur derrière le récent engagement politique du juriste et technocrate Zakaria Thiam. L’ancien liquidateur d’Air Mauritanie (dossier sur lequel il a eu des galons mérités), que l’on dit ministrable, a organisé il y a quelques semaines (l’entretien a été réalisé fin avril 2016) un meeting de désengagement auprès du maire, qu’il avait soutenu, pour prendre le train en marche de l’attelage UPR. Dans ses gestes et déclarations, l’on sent sans peine que le conseiller du Premier ministre nourrit une ambition (légitime d’ailleurs au vu de ses compétences ) de devenir ministre et, pourquoi pas, d’occuper un jour le fauteuil du maire d’une ville en situation de blocage. Mais il va falloir, pour concrétiser ce rêve réel ou supposé, que monsieur Thiam aille tronquer l’impeccable costume trois pièces du technocrate qu’il est par le boubou bariolé du politicien. Il va lui falloir se présenter devant une population mature qui ne veut plus jouer les moutons de Panurge et servir d’ascenseur à des ambitions démesurées et sans impact réel sur son quotidien. Le récent meeting de soutien au maire, qui menaçait de démissionner, montre à suffisance sa popularité en dépit et contre tous. Dans l’interview qui suit, le maire voit aussi le sénateur derrière la crise avec les fameuses «deux conseillères» avec lesquelles le torchon brûle depuis des lustres. Ce vaudeville comporte tous les ingrédients d’un feuilleton à succès qui passerait dans les télévisions nationales. Il est question d’un fait divers avec porte défoncée, vol d’argent et de bijoux. Il s’agit surtout de l’interprétation des mots clés que sont «expulsion», «démission» et «démission de fait» dont il s’agit. Le maire s’en tient à la loi organique que l’administration, dit-il, ignore. Les deux conseillères, elles, se réclament encore d’un parti qui les rejette. Bref, l’épilogue est encore loin. En attendant, cette crise qui prend en otage toute une ville a fait des victimes collatérales. Le limogeage du Wali n’a pas débloqué la situation. Idem de la rencontre en haut lieu entre le premier ministre, le ministre de l’intérieur, le sénateur Mohcen El Hadj et le Président du parti El Wiam, Bodiel Ould Houmeid. Ce blocage complet nous renvoie à la primauté du droit sur la politique. A la justice donc de l’emporter sur la politique.


La mairie de Rosso est aujourd’hui en crise . Vous aviez menacé de démissionner. Quels sont les soubassements de cette affaire ?


D’abord merci pour cette interview qui vient au bon moment. Cette crise est réelle. La commune de Rosso n’a pas tenu de conseil municipal depuis avril 2015 alors que la loi dit qu’il faut 4 conseils ordinaires par an et d’autres conseils si nécessaires. Nous n’avons pas tenu de réunion sur le budget ou le compte de gestion depuis un an. C’est une crise multidimensionnelle, à la fois politique et administrative. Politique car il y a deux conseillères politiques exclues que la tutelle refuse de remplacer. La crise est aussi financière puisque le budget n’est pas encore voté et nous sommes en avril. La loi est pourtant claire: si le conseil n’a pas adopté de budget au 31 décembre, la tutelle doit reconduire le budget de l’année dernière. Cela n’a pas été fait. Donc le blocage est réel. En tant qu’élu, nous nous sommes présentés au nom du parti El Wiam. Nous lui avons remis notre démission le 2 avril. Le 20 courant, le bureau politique du parti nous a demandé de reprendre nos charges jusqu’à nouvel ordre. C’est ce que nous avons fait. Mais dans le fond, le blocage persiste.

 


Que répondez-vous à vos détracteurs qui, par voie de presse, vous reprochent une gestion solitaire voire dictatoriale de la Commune et de son budget ?


 

Je pense que qualifier ma gestion de dictatoriale c’est exagéré, c’est de la surenchère. Rosso est la seule commune de Mauritanie où il y a la collégialité. Dès mon arrivée, j’ai donné délégation à 5 adjoints. Nous avons commencé le 25 janvier. À partir de février, j’ai accordé des délégations du premier au cinquième adjoint. Je ne l’aurai pas fait si j’étais dans une logique de gestion solitaire. Si j’étais dans une option dictatoriale, je n’aurai pas accordé de délégation car elle n’est pas obligatoire. Pour le reste, il y a un cadre consultatif communal (CCC) en cours de constitution. Nous avons signé un protocole d’accord avec Oxfam pour le budget participatif. Une commune qui veut avoir un cadre de concertation communale et un budget participatif milite pour la transparence.

 


Que vous reproche donc ces deux conseillères ? D’où vient votre conflit ?


 

Elles me reprochent d’avoir compris qu’elles étaient à la merci d’un autre adversaire politique. Tout à commencé quand l’Etat a voulu organiser des élections sénatoriales. Et comme le département de Rosso compte 38 conseillers qui doivent élire le sénateur dont 20 chez El Wiam, le sénateur a essayé de retourner ces deux conseillères. Et c’est chose faite puisque ces deux personnes roulent aujourd’hui pour ledit sénateur.

 


Pourtant, les conseillères en question disent toujours être membre du parti El Wiam?


Mais la loi est claire. Ces deux personnes ont été exclues en juillet 2015 par le bureau exécutif du parti. Elles en ont été notifiées par pli fermé. Cette expulsion était le dernier recours après que les deux conseillères aient d’abord refusé d’assister aux réunions de la coordination régionale et aient décliné les propositions du chef de parti. Comment peut-on être membre d’un parti et travailler contre ce parti?

 


Monsieur le maire, vous avez suspendu les indemnités de fonction de la première adjointe? En avez-vous le droit?


 

La loi dit clairement que les adjoints peuvent (et non «doivent») avoir des indemnités de fonction s’ils travaillent à plein temps. Tant que cette adjointe disposait de la délé- gation de pouvoir pour un travail à plein temps, elle avait droit à ses indemnités. Mais dès lors que le maire n’a plus confiance en cette personne pour les raisons ci-évoquées, et que par, voie conséquence, cette attribution lui a été retirée, elle perd ses indemnités.

 


 

Avez-vous vraiment, monsieur le maire, défoncé ou ordonné de défoncer la porte du bureau de la première adjointe ? Pouvez-vous éclairer notre lanterne sur cette histoire de bijoux et d’argent volés qui intrigue le Rossossois lambda?

D’abord, dire que j’ai défoncé cette porte c’est vouloir mal informer les gens. J’avais demandé au secrétaire général de dire à cette personne que nous avions besoin de son bureau et qu’elle devait le libérer. Ce jour là, un lundi, elle est venue avec un groupe de militants de l’UPR (NDLR: Union pour la République, parti au pouvoir ) qui est resté avec elle jusqu’à 16 heures. Le mardi, elle est revenue avec son groupe mais est partie avant 16 heures. Après son départ, j’ai demandé à la police municipale, en présence de quelques conseillers municipaux et d’un dé- puté qui étaient là, de juste changer la serrure. Le lendemain, elle est partie dire au Wali qu’on a défoncé sa porte et pris son argent et ses bijoux. C’est ce qui mentionne une correspondance qu’elle a transmise au Wali. J’y ai répondu en me posant cette question de bon sens: comment madame la conseillère a pu se rendre compte qu’on a volé ses affaires puisqu’elle n’est plus rentrée dans ce bureau ? Contrairement à ce qu’elle prétend, elle n’a jamais porté plainte. En tout cas jusqu’à aujourd’hui, aucun procureur ne m’a jamais convoqué. A-t-elle donc renoncé à son argent et à ses bijoux?

 


Tout le problème, monsieur le maire, tient dans l’interprétation du terme «démission» par la loi mauritanienne. Les deux conseillères nient toute démission. Les avez-vous fait expulser? 


Non, je n’ai exclu personne. C’est le parti El Wiam qui les a expulsé, les considérant comme démissionnaires de fait. Comme je l’ai dit, quand la coordination locale te convoque plusieurs fois et tu que n’assistes pas aux réunions, quand tu ignores le président du parti qui vient à ta rencontre, il serait difficile de soutenir que tu es encore membre de ce parti. La loi organique dit que le conseiller municipal qui démissionne de son parti perd ipso facto son siège (loi organique 2012-032, article 113. Nous considérons qu’il s’agit d’une démission de fait .


La démission de fait existe-t-elle dans la loi mauritanienne ?


En effet, la loi organique consacre et mentionne à la lettre l’expression démission de fait: Je vous cite l’article 112 de la loi organique qui stipule que: « tout conseiller municipal se trouvant dans l’un des cas d’inéligibilité ou d’incompatibilité visés aux articles 110 et 111 ci dessus est considéré comme démissionnaire de fait par l’autorité de tutelle, sauf recours à la chambre administrative de la Cour Suprême; C’est la l’occasion pour moi de dire que le directeur de la législation à la Primature (NDRL, il s’agit de Thiam Zakaria, cadre et figure montante de Rosso qui vient de rejoindre l’UPR) a mal conseillé le Premier ministre. En ignorant certaines dispositions de la loi organique, il a rendu un avis qui a dérouté le gouvernement. Il porte la responsabilité de cette crise pour avoir ignoré l’article 112 de la loi organique. Mais les choses s’éclaircissent. Les motivations se font jour. Ce même directeur de la législation, juge et partie, est venu déclarer dans un meeting à Rosso que le maire ne peut pas gouverner, apportant main forte au Sénateur de la ville.


Justement, on n’a pas beaucoup entendu le sénateur de Rosso, Mohcen Ould Hadj, dans cette crise ?


 

Mohcen
Le sénateur de Rosso et président du sénat mauritanien, Mohcen Ould Hadj, est l’une des figures dominantes de la région.

Il n’est de sourd que celui qui ne veut entendre (rires). Tous ceux qui parlent aujourd’hui le font en son nom. La tutelle est de mèche avec le sénateur en refusant d’appliquer les dispositions de la loi qui dit que ces conseillères, du fait qu’elle ont démissionné, doivent perdre leurs sièges.


En clair, nous sommes donc devant un blocus auquel le sénateur a une grande part de responsabilité ?


En tout cas Rosso ne doit pas être victime de la crise qui touche déjà le sénat dans son renouvellement. C’est pourquoi nous avions voulu démissionner pour porter l’affaire devant les Rossossois et les mauritaniens en général. Mais puisque notre parti nous demande de rester, nous allons revenir avec encore plus de motivations pour servir cette ville que nous aimons. Nous demandons pardons aux rossossois pour ne pas les avoir informés à temps des soubassements de cette crise. C’est que nous pensions que l’administration prononcera la loi sur ce qui paraissait évident depuis le départ.


 

Monsieur le maire, compte tenu de tout ce qui se passe, avez-vous aujourd’hui la majorité au sein du conseil municipal?


Le budget de 2015 a été voté le 15 janvier. Â l’occasion, ces conseillères avaient voté contre. Ce qui ne m’a pas empêché d’avoir la majorité à la fois pour le budget et pour le compte de gestion. J’ai toujours obtenu la majorité parce que, de l’autre côté, il y a des conseillers qui savent être du côté de la raison et de l’intérêt de la ville.


 

Peut-on ranger vos déboires avec le Trésorier comme faisant partie de cette crise ?

En fait, il faut que le trésorier sache que le maire est l’ordonnateur du budget . C’est à lui que revient l’opportunité de la dépense. Le trésorier contrôle la légalité des engagements. Selon la loi, assez explicite sur la question, le trésorier dispose de trois jours pour répondre au mandat du maire. Passé ce délai, soit il le paye s’il y a disponibilité et si l’imputation est exacte. S’il y a un problème, il rejette le mandat avec un motif clair. Par la suite, c’est au maire de retirer le mandat, de le corriger ou de faire une réquisition. Malheureusement, le trésorier se croit au dessus de la loi et n’écoute rien. Il garde les mandats pendant trois à quatre mois pour que je n’use pas de mes prérogatives, refusant d’appliquer les textes. Cela même quand le Wali sortant lui disait de respecter les dispositions lé- gales. Le maire n’est pas et ne peut avoir les moyens d’être au dessus de la loi . C’est la tutelle qui n’applique pas la loi. Le cumul de toutes ces irrégularités administratives et financières a conduit au blocage de la ville. Je suis surpris de voir que l’ l’Etat souverain reste passif.


Au final, à combien évaluez-vous ce blocage ? La mairie de Rosso a-t-elle encore les ambitions de réaliser les projets du candidat Sidi Diarra? 


Nous avons presque 70 millions d’Ouguiyas dans les comptes du Trésor, sans oublier ce que l’Etat nous doit. Cela dit, je pense que la politique de l’Etat n’est pas favorable au développement des communes. Par exemple, le Fonds régional de développement des communes consacrait 60% de ses décaissements à l’investissement et 40% au fonctionnement. Auojurd’hui, la rubrique investissement est remplacée par l’entretien. La commune de Rosso qui avait reçu une dotation de 56 millions affectés en 2015 n’a plus que 43 millions en 2016. Toutes les communes du pays et en particulier celles du Trarza souffrent de la situation.


Quel est le bilan de vos réalisations depuis votre investiture ?


Mon ambition dés le départ était d’apporter une rupture dans la gestion communale et faire de la municipalité un moteur du développement. La réhabilitation et l’extension des services de base faisait partie des urgences. Beaucoup a été fait pour élargir le réseau d’eau potable et mettre fin au paradoxe de Rosso, une ville située sur le fleuve Sénégal et qui avait soif. Aujourd’hui il n’y a qu’une zone non desservie. L’association des maires francophones (AMF) s’est engagée à financer le raccordement de cette zone moyennant une participation de la commune évaluée à 24 millions. Nous avons déjà rassuré ces partenaires de la disponibilité de ce montant. Nous pensons que le projet sera débloqué lors de la prochaine assemblée des maires francophones prévue au Liban. En outre, nous avons pu construire une école complète par l’intermédiaire de la coopération japonaise. Le village de Tekech a eu enfin son école . Idem pour l’école Houda de Satara et le PK7. Nous avons raccordé quelques écoles à l’eau potable et payé toutes leurs factures d’eau qui nous ont été présentées. Du côté de la Santé, je tiens à remercier mon prédécesseur Yerim Fassa qui avait commencé ces projets et subi des blocages. Le centre de dépistage du cancer qui a été financé par le Rotary italien fonctionne mais avec des blocages au niveau du ministère de la Santé et du centre d’Oncologie. Tout ce qu’on a envoyé comme pré- lèvements n’est pas revenus depuis 4 à 5 mois . Le ministère de la Santé qui devait participer au budget de fonctionnement n’a jamais honoré ses engagements. Nous payons encore le salaire de 27 filles de salle qui montent tous les jours au dispensaire de Rosso: Du côté de l’assainissement, on a pu avec les populations créer le CAQ (communauté d’assainissement des quartiers) en divisant la ville en 25 quartiers. Chaque zone a reçu son matériel et équipements. En outre, nous disposons de cinq voitures et un chargeur. Aujourd’hui , les Rossossois sont habitués, à voir le servir de ramassage des ordures passer. Il n’y a plus de dépôts d’ordures. On avait distribué des sacs aux familles. Avant notre démission, Rosso était devenue l’une des villes les plus propres. Autre réalisation, un marché qui peut prendre plus de 150 places dont 17 pour les bouchers.


Est-ce que vos comptes sont équilibrés ?


Quand nous avons pris fonction, le personnel accusait trois mois d’arriérés de salaires. Environ 70% n’avaient pas le Smig. Nous devions plus de 86 millions à la Caisse nationale de sécurité sociale. Il y avait 17 retraités sans pension. Aujourd’hui, les 176 employés ont tous le SMiG en plus des allocations familiales, ce qui n’a jamais existé: Les salaires tombent entre le 25 et le 30 de chaque mois. Nos recettes proviennent du recouvrement des régisseurs qui sont entrain de faire du bon travail et des contrats de la commune avec ses partenaires ainsi que de la bonne gestion.


 

Le bac et l’agriculture contribuent-ils à ce budget?


La moitié de nos recettes mensuelles proviennent du bac. Mais nous ne percevons aucune taxe de l’agriculture. La taxe foncière de 100 ouguiyas par hectare nous ramène 2 millions par an en théorie car il faut engager des régisseurs pour aller récupérer ces montants.

 


Comment voyez-vous Rosso à la fin de votre mandat?

e ne suis pas trop optimiste. La commune à elle seule ne peut rien faire sans une vraie politique de décentralisation alliant transfert de compétences et transferts de moyens. En l’absence d’un secteur privé fort, c’est l’Etat qui fait tout. Aujourd’hui, le Trarza ne bénéficie d’aucun projet de l’Etat. Les quelques projets comme le stade et la Maison des jeunes au PK7 sont encore au stade de première pierre depuis trois ans. C’est pour cela que je suis pessimiste. Je pense que seul l’Etat peut valoriser le potentiel de cette ville, porte ouverte vers toute la Mauritanie. Nous pensons que nos partenaires de développement que je tiens à remercier ici au nom des populations de Rosso (l’UE, l’Association des maires francophones, l’agglomération de SanSenart et les communes jumelés ) sont entrain de nous aider pour changer le visage de cette ville.


 Comment envisagez-vous votre avenir politique ? Vous arrive-t-il, en tant que député-maire populaire, de rêver d’un destin national?


C’est prématuré. Je pense que mon Président de parti, Bodiel Ould Houmeid, n’est pas encore frappé par la limite d’âge comme le sont d’autres. C’est un bon candidat au poste auquel vous faites allusion. Les mauritaniens le comprennent et voient en lui un grand patriote et un rassembleur, une personnalité au parcours exceptionnel qui peut incarner leurs aspirations. Je me sens très proche de lui et j’apprends beaucoup de son expérience. Je reste a la disposition de mon parti et prêt comme d’habitude à effectuer toutes les missions qu’il voudra bien me confier.


 

Propos recueillis Par Adama Wade

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