Boghé, la sanction suprême

Boghé, la sanction suprême

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L’annonce du ralliement au président Aziz de l’ancien maire de Boghé, Bâ Adama Moussa, a provoqué la stupeur dans les rangs de l’UFP. Ce parti constitue la première force de la ville et de ses environs depuis des années.  A la faveur du boycott décidé au sommet et pour des calculs qui n’ont rien à voir avec les réalités locales, Bâ Adama ne s’est pas présenté aux dernières législatives pour défendre son bilan et espérer une reconduction.  Quel gâchis!

Tout comme le maire de Nouakchott, celui de Boghé a renoncé au suffrage au nom de la discipline du parti . En son temps, nous avions dénoncé cette obéissance aveugle à une opposition radicale et dogmatique qui a flirté avec tous les pouvoirs, y compris ceux qui ont engendré le passif humanitaire, et qui ne s’est jamais expliqué sur sa position lors du présumé coup d’Etat négro-africain de 1987.  Le temps a passé et les litiges entre Boghé et ce parti de cadres se sont accumulés. Les paysans qui votaient pour les marxistes-bourgeois en ont marre d’applaudir. La concurrence démocratique a engendré d’autres partis.

Autant l’ex MND avait toute sa légitimité idéologique au lendemain des indépendances. Autant l’actuelle UFP, jonction de plusieurs idéologies, ne nous paraît pas préparée à la défense des réalités du terrain à Boghé.  En homme de conviction, l’ancien maire de Boghé a suivi à la lettre la dictée venue de Nouakchott.  Au final, le boycott n’a réussi ni à empêcher une forte participation de mauritaniens, encore moins à porter atteinte à la crédibilité des municipales et législatives. Comment donc le boycott de salon peut-il changer les choses?   Aujourd’hui, les mêmes boycotteurs d’hier veulent participer aux présidentielles.  Les nombreux signaux qui nous parviennent des Etats majors de l’UFP et du RFD attestent d’une certaine volonté de prendre part à un jeu électoral où Tawassoul et EL Wiam jouent désormais les premiers rôles.  Pourquoi donc sacrifier les locales et prendre part aux nationales?     N’étant pas dans les secrets de l’ancien maire de Boghé, nous croyons savoir que l’homme, soutien de sa ville depuis les années 80, est dépité par le spectacle sans fin d’une opposition de salon, qui ne joint pas le geste à la parole.  Ce ralliement sape l’une des bases les plus solides de l’UFP, un parti qui, décidément, a perdu le fleuve et la vallée. Une sanction suprême.

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